Par Lyes Benyoussef
La dernière
apparition de Bouteflika, outre son pathétisme (voulu ?), devrait rappeler à
ceux qui l’ont oublié la déliquescence avancée de l’État algérien. Tout le
monde est aujourd’hui conscient de l’extrême vulnérabilité de cet État qui
pourrait, dans sa chute, provoquer un désastre dont la société ne se relèvera
jamais. Comme l’écrit Ali-Yahia Abdennour dans son dernier livre, « le risque
de retour à la violence est réel. » (Lire des extraits sur le système politique et sur la Kabylie et la régionalisation.) Il est probable que l’épuisement du
FRR (Fond de Régulation des Recettes) — que les plus optimistes des experts
donnent pour 2 à 3 ans — entraîne une recrudescence de la violence, terrorisme
et répression. À la fin des années 80, on parlait, dans un contexte à certains
égards préférable à l’actuel, d’une Algérie se dirigeant vers l’inconnu. Sauf
pour ceux parmi nous qui se sont volontairement aveuglés, l’inconnu est
désormais connu : il s’agit de la guerre civile.
Bien que
l’absence de projet économique et social sérieux soit manifeste, le système
politique refuse toutes les leçons de l’histoire, algérienne et mondiale, en
consolidant son autoritarisme comme s’il n’était pas illégitime, comme si les
dirigeants étaient compétents et comme si cette attitude irrationnelle serait
productive. Pourquoi donc le système politique algérien refuse-t-il de se
réformer ? Esquisse d’une réponse :













