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| Le visage d'un système abominable |
Par Lyes Benyoussef
Lire La première partie.
4. La hiérarchie militaire
Même dans
l'armée, ce qu'on appelle les « jeunes officiers » sont fascinés par des
supérieurs richissimes et omnipotents, dont certains devenus mythiques à leurs yeux. Chacun des généraux (au risque d’ennuyer
le lecteur, je vais réutiliser le mot) analphabètes fonde une dynastie. Les «
jeunes officiers » ne rêvent que de les remplacer avec toujours les privilèges
auto-octroyés, l'inculture et l'anti-démocratie. C'est pourquoi l'exemple
portugais (c’est-à-dire les capitaines démocrates révolutionnaires) ne sera pas
réédité en Algérie. Ahmed Rouadjia écrit
: « La jeune génération d’officiers plus instruits et mieux formés que leurs
aînés dans les grandes écoles soviétiques, occidentales et nationales, après
l’indépendance, s’est trouvée complètement inféodée, bridée puis maintenue en
laisse par la gérontocratie de militaires hauts gradés, comme le général de
corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, et d’autres généraux du même acabit. Usés
jusqu’à la corde par le pouvoir, gangrenés par la corruption, contaminés par le
goût de la licence et de la luxure, certains officiers hauts gradés ont une
conception d’autant plus étroite et étriquée du monde qu’ils n’ont pas d’autres
projets grandioses que ceux de dépouiller l’État de ses prérogatives
régaliennes en vidant le trésor public à la faveur de l’économie rentière. »
Loin de répugner les jeunes, ils les fascinent. Il n'y aura jamais de militaire sauveur en Algérie.


