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mardi 12 avril 2016

Pourquoi le système politique algérien est irréformable 1/2



Le destin de l'Algérie semble tragique
Par Lyes Benyoussef
La dernière apparition de Bouteflika, outre son pathétisme (voulu ?), devrait rappeler à ceux qui l’ont oublié la déliquescence avancée de l’État algérien. Tout le monde est aujourd’hui conscient de l’extrême vulnérabilité de cet État qui pourrait, dans sa chute, provoquer un désastre dont la société ne se relèvera jamais. Comme l’écrit Ali-Yahia Abdennour dans son dernier livre, « le risque de retour à la violence est réel. » (Lire des extraits sur le système politique et sur la Kabylie et la régionalisation.) Il est probable que l’épuisement du FRR (Fond de Régulation des Recettes) — que les plus optimistes des experts donnent pour 2 à 3 ans — entraîne une recrudescence de la violence, terrorisme et répression. À la fin des années 80, on parlait, dans un contexte à certains égards préférable à l’actuel, d’une Algérie se dirigeant vers l’inconnu. Sauf pour ceux parmi nous qui se sont volontairement aveuglés, l’inconnu est désormais connu : il s’agit de la guerre civile.
Bien que l’absence de projet économique et social sérieux soit manifeste, le système politique refuse toutes les leçons de l’histoire, algérienne et mondiale, en consolidant son autoritarisme comme s’il n’était pas illégitime, comme si les dirigeants étaient compétents et comme si cette attitude irrationnelle serait productive. Pourquoi donc le système politique algérien refuse-t-il de se réformer ? Esquisse d’une réponse :

dimanche 20 mars 2016

L'entourage de Houari Boumediene vu par Rachid Boudjedra

En 1992, le romancier algérien Rachid Bouedjedra publie un pamphlet très virulent contre le FIS, Front islamique du salut. Néanmoins, le livre ne se réduit pas aux propos dégradants qu'il tient contre les islamistes (comparés à des « rats pestiférés et enragés », etc.) Boudjedra reste en effet un témoin précieux de l'Algérie indépendante. Ainsi, FIS de la haine évoque, par exemple, l'entourage de Houari Boumediene. Extraits (les notes sont miennes). 
L. B.

Anti-islamiste virulent, Rachid Boudjedra est l'auteur de FIS de la haine

Par Rachid Boudjedra
«[Boumediene] était aveuglé par la passion du pouvoir dont il fut un ascète rigoureux pendant les cinq premières années de son règne ; et pour ce faire, il s’était entouré — paradoxalement — d’officiers algériens qui avait servis dans l’armée française pour leur compétence d’abord et pour les avoir et sa merci, vu leur passé louche et trouble. En bons militaires disciplinés, ceux-ci furent à la botte de leur chef, certains à sa dévotion, exécutant ses ordres, le récupérant très vite, le séduisant en un tour de main.

samedi 19 mars 2016

Ali-Yahia Abdennour : Sur le système politique (Extraits de son dernier livre 1/2)

Lettre ouverte au système et au dernier pouvoir qu'il a engendré

Ali-Yahia Abdennour, le grand militant des droits de l’Homme, vient de faire paraitre un petit livre chez les éditions Koukou. Lettre ouverte au système politique et au dernier pouvoir qu’il a engendré se lit d’une traite. En 96 pages, Ali-Yahia propose non pas seulement un pamphlet contre le système politique autoritaire et incompétent qui régente l’Algérie depuis 1962, mais aussi un condensé de sa pensée. Le système politique, sa nature, le président, l’armée, le DRS, l’économie, la réforme du système éducatif, l’unité de l’Algérie, la diversité culturelle, Tamazight, la Kabylie et les droits des femmes sont les thèmes abordés. 
À 95 ans, Ali-Yahia Abdennour continue donc de stimuler le débat et la réflexion. C’est aussi l’occasion pour ceux, jeunes ou moins jeunes, qui ne connaissent pas Ali-Yahia d’apprécier ses idées. Extraits du livre (les sous-titres sont de moi).

L. B.


Militant des droits de l'Homme
Ali-Yahia Abdennour


Le prix de la liberté

Le système politique, les pouvoir qui se sont succédé, la Sécurité militaire et le département du renseignement et de la sécurité (DRS) ont fait de moi un ennemi de l’intérieur, soumis à plusieurs arrestations, à une résidence surveillée à Ouargla, au contrôle du courrier, aux écoutes téléphoniques, et à la privation de nombreux droits, même celui d’être propriétaire de mon logement que j’occupe depuis l’été 1962. Militant des droits de l’Homme qui ne sont pas protégés mais quotidiennement bafoués, j’entends garder une totale liberté d’esprit, de réflexion et d’expression.
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