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mercredi 30 janvier 2013

Marché, État et société en Algérie


Pour le grand sociologue algérien, il faut défendre la société composée d'individus sujets de droit

Par Lahouari Addi

Depuis 1962, l’Algérie est en chantier, subissant des bouleversements morphologiques d’une grande ampleur, à tel point qu’elle est une expérience sociologique grandeur nature. La société est en pleine restructuration, soumise au processus de formation de classes sociales, formation devenue manifeste depuis que le régime a abandonné l’utopie de l’économie administrée. Pour un sociologue, un économiste, un politologue, l’Algérie est un terrain de recherche idéal qui attend les paradigmes d’analyse pour cerner conceptuellement cette expérience très riche. Les sciences sociales, comme nous le savons, n’émettent pas de jugements, positifs ou négatifs ; elles essaient cependant de reconstituer les logiques des processus, leurs contradictions par rapport aux représentations des acteurs. J’utiliserais toutefois le mot «échec» pour le régime qui avait promis, dès les années 1960, de développer l’économie et de moderniser la culture. L’Algérie n’est pas, en 2012, un pays développé, et sa culture est encore déchirée entre des aspirations modernistes utopiques et une apologie du passé sans aucune conscience historique.

lundi 14 mai 2012

Algérie : sommes-nous à la veille d’une révolution ?

«C'est surtout à la veille d'une révolution qu'on la croit impossible.»
Jules Simon

«L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait.»
Pierre Kropotkine
Par Lyes Akram
Chômage massif chez la jeunesse, injustice sociale manifeste, paupérisation méthodique des populations, corruption débridée, répression de toute contestation, etc., ou en un mot, un Etat contre le peuple : l’actuelle situation algérienne mène sans nul doute à l’explosion populaire. Lahouari Addi, professeur de sociologie politique, pour qui il y a en Algérie «des militaires qui n’attendent que le soulèvement pour effacer le coup d’Etat de 1992», croit que les élections législatives d’où le FLN est sorti magiquement vainqueur avec près de la moitié des sièges (220), ont été truquées par une partie du régime : le DRS. Le régime confirme son caractère multicéphale ! C’est pour cette raison, affirme-t-il, que le plus grand perdant de ces législatives n’est pas un parmi les plusieurs partis qui y ont participée, mais Abdelaziz Bouteflika. Même les islamistes ne sont pas considérés comme perdants par Addi car ceux parmi eux qui y ont participé, sont le produit du régime et ne représentent pas l’islamisme existant au sein de la société algérienne.

samedi 5 mai 2012

Entretien avec Lahouari Addi : «L’Algérie est grosse d’une révolution politique»

Par Nordine Azzouz
In lanation.info, lundi 30 Avril 2012
Lahouari Addi vient de sortir aux éditions Barzakh un recueil de textes écrits dans la presse nationale entre 1991 et 2011. Dans ce livre, le sociologue revient avec la même vigueur, le même ton intempestif et le même courage sur les grandes questions qu’il aborde depuis plus d’une vingtaine d’années et qui concernent entre autres le rôle de l’armée dans la construction de l’Etat, l’islamisme, le phénomène de la Harga… Autant de thèmes que le chercheur oranais, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, aborde comme clefs à l’analyse sociologique et politique de ce qu’on appelle le système algérien. L’occasion, pour la Nation, sur la base de son ouvrage sorti en mars dernier, de le solliciter sur sa lecture de l’actualité du pays. Un point de vue qui incite à la discussion et au débat.

mardi 10 avril 2012

L'armée, l'Etat et la nation

Par Lahouari Addi
Les pays du tiers-monde dont l'indépendance a été acquise par la violence présentent des systèmes politiques structurés autour de l'armée. Celle-ci, pour des raisons historiques, se trouve au cœur du procès de construction de l'État, souvent dans des formes institutionnelles dont il faut apprendre à lire les significations cachées. En Algérie, l'armée est présentée dans la Constitution comme une institution de l'État, dépendant de la Présidence de la République. Mais la réalité est plus complexe dans la mesure où la Présidence est en fait l'émanation de l'armée, voire une annexe du ministère de la Défense, animée par des militaires habillés en civil occupant les postes de secrétaire général, directeur de cabinet, etc. La Présidence est l'institution par laquelle l'armée contrôle l'État et trace au gouvernement la ligne à suivre.

lundi 9 avril 2012

Algérie : Chroniques d’une expérience postcoloniale de modernisation

Introduction 
Les textes présentés dans ce recueil ont été publiés dans la presse nationale entre 1999 et 2011 à différentes périodes. Ils relèvent de ce qui peut être appelé le «journalisme universitaire», c’est-à-dire de réflexions plus ou moins élaborées à destination du grand public. Le journalisme universitaire allie la rigueur académique à l’exigence pédagogique et a pour ambition de s’adresser à un large public ; l’objectif étant de mettre à sa disposition des analyses reposant sur les acquis théoriques des sciences sociales et portant sur l’expérience algérienne dans ses différents aspects, notamment politique et idéologique. Pour un chercheur en sciences sociales, la société algérienne est un laboratoire où il apprend à articuler, ou plutôt à valider, des approches théoriques par l’observation empirique. En Algérie, tout est projet : la société, l’Etat, l’économie, la modernité…

dimanche 15 janvier 2012

L’intellectuel et le général

 

Par Lahouari Addi
Le Soir d’Algérie a publié dans son édition du 12 janvier 2012 un texte de l’historien Hassan Remaoun de l’université d’Oran, où il apporte son soutien au général Khaled Nezzar dans l’affaire de la plainte déposée contre lui en Suisse. Il est surprenant qu’un intellectuel se porte au secours d’un général qui a exercé de hautes fonctions dans un pouvoir exécutif qui a toujours refusé l’autonomie des deux autres pouvoirs constitutifs de l’Etat de droit : le législatif et le judiciaire.

jeudi 5 mai 2011

Le dernier coup d’Etat


Une polémique s’est instaurée dans la presse au sujet des dernières déclarations de maître Ali Yahia Abdennour au sujet de l’état de santé du Président et du rôle de l’armée par rapport à cette situation.
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