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jeudi 12 mai 2016

Les Algériens dans la première guerre mondiale: une étape dans la prise de conscience nationale

Pendant toute la première guerre mondiale, l’Algérie a fourni au pouvoir colonial français non seulement un soutien matériel substantiel, mais surtout des milliers de soldats « indigènes » soumis au service militaire obligatoire et le plus souvent affectés aux sections d’assaut. Zouaves et tirailleurs, encensés pour leur bravoure, n’ont pourtant jamais eu droit à la citoyenneté pleine et entière. Conscients d’avoir aidé la France à l’heure du danger et frustrés par les promesses non tenues, ils ont ouvert le chemin à une revendication de libération nationale que la seconde guerre mondiale confirmera vingt ans plus tard.

L'historien Gilbert Meynier analyse la formation d'une conscience nationale algérienne durant la première guerre mondiale


Par Gilbert Meynier
De toutes les colonies françaises, l’Algérie représenta pour la France, avec l’Afrique-Occidentale française (AOF), la plus grande pourvoyeuse en ressources matérielles et en hommes. Dans ce que l’on dénommait alors l’«  Afrique française du Nord  », c’est à l’Algérie que fut demandé l’effort le plus important. L’Algérie y répondit de fait, à la mesure de ce qui était attendu par le pouvoir colonial, en fournissant le plus clair des capitaux, des produits, ainsi que des hommes pour le front et pour le travail d’usine.

الجزائريّون في الحربِ العالمِيَّة الأولى: مرحلةٌ في صيرورَةِ الوَعيِ الوطَنِي

طوالَ فترةِ الحرب العالميّة الأولى، لم تقدِّم الجزائر لسلطةِ الاستِعمار الدعمَ الماديَّ الكبيرَ وحسب، لا بل وقدَّمت أيضاً آلافَ الجنود الـ“إينديجان”* الخاضعين للخدمة العسكريّة الإلزاميّة والذين غالباً ما تمَّ وَضعُهم في فِرَق الهجوم. لم تَصل الإشادةُ بشجاعةِ هؤلاء الزواويّين والقنّاصة إلى حدِّ إعطائهم حقَّ المواطنةِ الكاملة. فكان أن فتحَ أحساسُ الجزائريين بالغُبنِ إَذ لم تَفِ فرنسا بوعودِها تجاهَهم في حين أنَّهم وقوفوا بجانبِها حين كانت في خَطَر، الطريقَ أمام مطلبِ تحريرٍ وطنيٍّ أتت الحربُ العالمِيَّةُ الثانيةُ لتؤكِّدَه بعد عشرين سنة من ذلك.
المؤرخ الفرنسي جيلبار مينيي
جيلبار مينيي OrienXXI
من كلِّ مستعمرات فرنسا، كانت الجزائرُ، جنباً إلى جنبِ مع أفريقيا الغربية “الفرنسية”، أكثرَ من أمدّها بالمواردِ الماديّة والبشريّة، فهي - في ما كان يعرف آنذاك بـ“إفريقيا الشمالية الفرنسية” - البلدُ الذي طُلب منه بذلُ أكبرَ جهد في هذا المجال. وقد استجابت لهذا الطلب بمقدار ما كانت تتوقعه منها السلطة الاستعمارية، فكانت بلا منازع هي من زوَّد فرنسا بأَوفى جزءٍ من الرساميل والمنتَجات وبرجالٍ للقتال على جبهاتِ الحرب والعملِ في المصانع .

jeudi 10 mars 2016

Algérie : Langues centrales, langues locales et guerres linguistiques fomentées par le régime

Pour l’auteur de cette contribution, « ni l'arabe ni le français ne représentent, aujourd'hui, en Algérie des instruments d'une homogénéisation culturelle offrant des issues vers le haut – et les langues locales encore moins ». Le pouvoir, écrit-il, « oriente davantage les forces sociales vers des ‘’guerres linguistiques’’ (...) et comme les militants linguistiques de tous bords, il n'offre qu'une folklorisation religieuse ou localiste, et ne promeut, dans aucune langue, une centralité positive apportant un plus aux populations ».

Par Ahmed  Henni

Les Maghrébins Augustin, Ibn Khaldoun ou, entre autres, Kateb Yacine seront parmi les plus grands penseurs, respectivement, du christianisme et de l'humanité, des sciences sociales et historiques, ou de la poésie et littérature. L'accès à une langue de haute culture – ici le latin, l'arabe, ou le français – permet de s'approprier, à une époque donnée, les œuvres de l'humanité connue. Les langues locales ne peuvent le faire. Elles manquent de moyens matériels. Nous y reviendrons.

mercredi 30 janvier 2013

Marché, État et société en Algérie


Pour le grand sociologue algérien, il faut défendre la société composée d'individus sujets de droit

Par Lahouari Addi

Depuis 1962, l’Algérie est en chantier, subissant des bouleversements morphologiques d’une grande ampleur, à tel point qu’elle est une expérience sociologique grandeur nature. La société est en pleine restructuration, soumise au processus de formation de classes sociales, formation devenue manifeste depuis que le régime a abandonné l’utopie de l’économie administrée. Pour un sociologue, un économiste, un politologue, l’Algérie est un terrain de recherche idéal qui attend les paradigmes d’analyse pour cerner conceptuellement cette expérience très riche. Les sciences sociales, comme nous le savons, n’émettent pas de jugements, positifs ou négatifs ; elles essaient cependant de reconstituer les logiques des processus, leurs contradictions par rapport aux représentations des acteurs. J’utiliserais toutefois le mot «échec» pour le régime qui avait promis, dès les années 1960, de développer l’économie et de moderniser la culture. L’Algérie n’est pas, en 2012, un pays développé, et sa culture est encore déchirée entre des aspirations modernistes utopiques et une apologie du passé sans aucune conscience historique.

dimanche 9 décembre 2012

Le temps des torches humaines


L'anthropolgue algérien rend compte d'un livre de Annamaria Rivera

Par Djamel Guerid 

On observe, ces deux dernières années, dans notre région et ailleurs dans le monde, une recrudescence remarquable et alarmante des suicides par le feu. A ce phénomène, le geste de Mohamed Bouazizi a donné une visibilité dramatique qui a frappé les esprits. Il n’est pas le premier et nous savons qu’il a été suivi par beaucoup d’autres dans un Maghreb en crise, mais aussi dans une Europe profondément précarisée et meurtrie et dont «l’homme rendu malade», la Grèce a connu, ces deux dernières années, 1725 cas de suicide.

samedi 17 novembre 2012

Ils subissent l’intolérance et la xénophobie: Le quotidien difficile des étudiants africains en Algérie

Informations & Réflexions a partagé une excellente enquête du journal El Watan sur le racisme en Algérie. Ce thème, complexe, exige d'y réfléchir sérieusement. Le même journal avait publié le 08 aout 2010 un dossier sur le quotidien des étudiants subsahariens en Algérie, composé, principalement, d'un article et d'un entretien avec la sociologue Nasséra Merah qui affirmait, entre autres, que «la société algérienne n’est pas devenue xénophobe, elle l’a toujours été». Informations & Réflexions republie le dossier, car toujours d’actualité, ci-dessous :
 
Par Djedjiga Rahmani
Les avis des étudiants subsahariens sur les conditions d’accueil en Algérie sont partagés. Certains parlent de racisme et d’intolérance, d’autres expliquent les difficultés rencontrées à cause des différences entre les sociétés que certains n’arrivent pas à transcender. Ces étudiants reconnaissent tout de même et unanimement que l’Algérie leur a offert la possibilité d’avoir un grand diplôme. Ce qui relève, souvent, de l’impossible dans leur propre pays. «Il y a 4 ans, ce n’était pas facile de circuler dans la rue algérienne sans être dérangé. Et quand on voit un étudiants étranger (subsaharien) accompagné d’une Algérienne, on insulte la fille», a regretté Hamidou Konaté, représentant des étudiants étrangers à l’université de Tizi Ouzou. Même si notre interlocuteur reconnaît que depuis quelque temps les mentalités ont beaucoup changé. Surtout à la fac.

jeudi 1 novembre 2012

Le Malaise arabe : L'État contre la nation



Le sociologue syrien Burhan Ghalioun analyse ici l'échec de l'Etat arabe moderne.



 Par Burhan Ghalioun
Il est à notre avis difficile de comprendre la crise actuelle de l’État arabe sans sortir du cadre strict et étroit de l’État et sans reprendre l’analyse des transformations du mouvement socio-politique qui a été à l’origine de la légitimation de cet État moderne, et qui en a constitué, pendant plus d’un siècle, l’âme, l’animateur et la force directrice. Il s’agit bien sûr du mouvement national arabe dans ses différents particularismes, formes et manifestations. Dans ce cas la vraie question qui se pose est la suivante : quelle est la cause de la dégénérescence de ce mouvement et son pouvoir national ?

lundi 29 octobre 2012

Le sociologue Zoubir Arous au Soir l’Algérie: «les ingrédients de la déflagration sont réunis»


- La société algérienne est sur un volcan. Tous les ingrédients de la déflagration sont réunis
- Nous avons perdu la valeur du travail comme moyen de réussite.
- Au plan moral, la corruption n’est plus motif de honte et la violence est devenue un signe de virilité
- J’affirme qu’il faut aujourd’hui un sauvetage de la société avant celui du régime — qui du reste est le reflet de la société — où certains préfèrent maintenir le statu quo et recourir à la corruption afin de perpétuer le régime
-  L’immolation par le feu est le signe ultime de la maladie de la société
- Ces augmentations de salaires sont un gaspillage des richesses du pays et consacrent la corruption dans les mœurs

mardi 26 juin 2012

برهان غليون : النخبة والشعب (مقتطفات من الكتاب)



مقتطفات من كتاب برهان غليون الأخير

فيما يلي مقتطفات من كتاب المفكر السوري الكبير برهان غليون "النخبة والشعب" وفيه "يطرح مشكلة النخبة ويفسر أسباب تشتتها وضعفها في البلاد العربية"
  AnalyseDZ يرجو من قرائه التأني للفهم الصحيح للأفكار المطروحة في النص.
" … مهما كانت نوعيتها وطريقة تكوينها، أرستقراطية أم مدنية وسياسية حديثة، ومهما كانت خصوصيتها، أكانت وثيقة الصلة بطبقة، على مثال ما هو قائم في الولايات المتحدة حيث تختلط عناصر النخبة القائدة بطبقة رجال الأعمال وأصحاب المشاريع الاقتصادية الحرة "المقاولون أو أصحاب المبادرة الخاصة"، أو ثمرة تكوين طبقة إدارية وتكنوقراطية خاصة عبر المدارس والجامعات الحكومية الكبرى، وما تقدمه من فرص للحراك الاجتماعي، على مثال ما هو قائم في فرنسا، لا يمكن للنخبة القائدة أن تقوم بدورها كنخبة، وتحتل موقعها ما لم تنجح أولا في تأكيد استقلالها، لهذه الدرجة أو تلك، عن أصحاب الملكية والثروة والمال، وثانيا في استبطان مفهوم المسؤولية العمومية تجاه الدولة (أو الملك الذي يرمز إليها) أو الشعب والمجتمع المرتبط به. ومتى ما ضعف هذان الشرطان أحدهما أو كلاهما، انحطت النخبة إلى مستوى الجماعة الخاصة، وتدهورت شروط ممارسة السلطة وإدارة الدولة أيضا، بل اقترب زوالها.

vendredi 22 juin 2012

Les tragiques destinées de la démocratie arabe




Burhan Ghalioun analyse l'échec de la démocratisation du Monde arabe

Par Burhan Ghalioun

Démocratie locale et stratégie globale : de la découverte par l’Occident des besoins arabes en matière de démocratie


Si pendant longtemps personne ne s’intéressait à la question de la démocratisation du monde arabe c’est d’une part, parce qu’on avait, en Occident surtout, la conviction que la culture arabe et musulmane ne correspondait pas aux valeurs de la démocratie perçue comme un patrimoine intimement lié aux valeurs de la civilisation occidentale. C’est d’autre part, parce que Washington et les capitales européennes n’avaient aucune raison de se préoccuper sérieusement du sort des sociétés arabes qui avaient choisi de se couper de l’Occident lorsqu’elles ont opté pour l’indépendance. Le monde arabe n’intéressait l’opinion publique occidentale qu’à travers la question du conflit israélo-arabe qui continuait et prolongeait, d’une certaine manière, le conflit colonial.

samedi 9 juin 2012

Entretien avec le sociologue Nacer Djabi : «Le régime ne gouverne que les vieux et les vieilles et n'a pas de légitimité parmi la jeunesse»

- Le noyau militaro-sécuritaire est un centre de décision qui n’est pas comptable politiquement de ses actes.
- La logique bicéphale Présidence-DRS n’est pas circonscrite à la présidence de la République, mais se décline dans l’industrie, les journaux, l’université, la wilaya, etc.
Pourquoi le printemps algérien a tardé ? C’est le nouvel ouvrage du chercheur Nacer Djabi (ed. Chihab, disponible la semaine prochaine) qui décortique la singularité algérienne face au Printemps arabe. Pourquoi le vent du changement ne souffle-t-il pas sur la citadelle du Maghreb central ? Nature du régime, élites déficientes, rente et violence sociale ; les facteurs sont multiples et s’entrecroisent.

jeudi 24 mai 2012

L’Algérie au lendemain des législatives : la consécration d’un ordre rentier précaire

Par Nadji Safir (sociologue)
Les résultats officiels des élections législatives du 10 mai 2012 en vue du renouvellement de l’Assemblée populaire nationale (APN) sont connus. L’importance de l’abstention, officiellement établie à 56,86%, doit y être relevée comme un phénomène politique et social majeur, marquant la faible adhésion de la population au processus électoral engagé. Et ce, alors même que la campagne électorale, en termes de communication, a été menée dans un contexte marqué du côté des autorités par une exagération outrancière, voire une dramatisation tout à fait excessive de l’importance des enjeux liés à la participation au scrutin.

mardi 22 mai 2012

Islam, laïcité et modernité : l’exemple des sociétés arabes contemporaines

Le sociologue Burhan Ghalioun analyse la sécularisation et la modernisation dans le Monde arabe
Par Burhan Ghalioun
Pour comprendre la place ou plutôt le devenir de la laïcité, en tant qu’idée et pratique, dans les sociétés musulmanes contemporaines, il faut éviter surtout l’approche culturaliste simpliste prédominant dans les études orientales. Cette approche suppose à tort que la laïcité est une valeur culturelle propre à certaines cultures, que les cultures n’évoluent pratiquement pas et que les organisations sociales des différentes communautés sont déterminées en grande partie par ces cultures toujours identiques à elles-mêmes. Je pense, au contraire, que l’émergence et le développement du phénomène de laïcité en tant que valeur et pratique sociétale ne peuvent être saisis que dans le cadre de l’avènement de la modernité, en Orient musulman comme en Occident chrétien.

lundi 14 mai 2012

Pierre Kropotkine : L'Esprit de Révolte (texte intégral)

Par Pierre Kropotkine
I
Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions.

samedi 5 mai 2012

Entretien avec Lahouari Addi : «L’Algérie est grosse d’une révolution politique»

Par Nordine Azzouz
In lanation.info, lundi 30 Avril 2012
Lahouari Addi vient de sortir aux éditions Barzakh un recueil de textes écrits dans la presse nationale entre 1991 et 2011. Dans ce livre, le sociologue revient avec la même vigueur, le même ton intempestif et le même courage sur les grandes questions qu’il aborde depuis plus d’une vingtaine d’années et qui concernent entre autres le rôle de l’armée dans la construction de l’Etat, l’islamisme, le phénomène de la Harga… Autant de thèmes que le chercheur oranais, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, aborde comme clefs à l’analyse sociologique et politique de ce qu’on appelle le système algérien. L’occasion, pour la Nation, sur la base de son ouvrage sorti en mars dernier, de le solliciter sur sa lecture de l’actualité du pays. Un point de vue qui incite à la discussion et au débat.

vendredi 20 avril 2012

L’avenir de la société civile dans le monde arabe: le cas de l’Algérie

Les révoltes populaires vécues par le monde arabe sont la conséquence de l’injustice sociale, la corruption, la hogra, le chômage, la mauvaise gestion qui ont favorisé depuis fort longtemps la dilapidation de l’argent public et la spoliation des ressources naturelles.
Bien que certains experts et analystes rappellent  aujourd’hui que les pays du monde arabe ont leur propre particularité, il n’en demeure pas moins que les régimes politiques des présidents dictatoriaux et des princes tyrans ont  fonctionné  pour aboutir surtout aux mêmes résultats, à savoir l’asservissement et l’assujettissement de leur peuple. La crise que vivent les pays du monde arabe est identique. Elle est liée à l’absence d’une volonté politique pour changer les choses et elle est liée fondamentalement à la mauvaise gestion des affaires publiques.

mardi 10 avril 2012

L'armée, l'Etat et la nation

Par Lahouari Addi
Les pays du tiers-monde dont l'indépendance a été acquise par la violence présentent des systèmes politiques structurés autour de l'armée. Celle-ci, pour des raisons historiques, se trouve au cœur du procès de construction de l'État, souvent dans des formes institutionnelles dont il faut apprendre à lire les significations cachées. En Algérie, l'armée est présentée dans la Constitution comme une institution de l'État, dépendant de la Présidence de la République. Mais la réalité est plus complexe dans la mesure où la Présidence est en fait l'émanation de l'armée, voire une annexe du ministère de la Défense, animée par des militaires habillés en civil occupant les postes de secrétaire général, directeur de cabinet, etc. La Présidence est l'institution par laquelle l'armée contrôle l'État et trace au gouvernement la ligne à suivre.

lundi 9 avril 2012

L’hypothèse totalitaire en Algérie, le cas du FLN 1954-1962

Par Mohammed Harbi
Qu’est-ce que le FLN ? Les doctrinaires militaires français l’ont abusivement identifié comme mouvement  totalitaire, en avançant trois arguments: 
- Le premier assimilait au totalitarisme tout mouvement qui ne relève pas de la démocratie libérale.
- Le second établissait une confusion entre le parti unique de type soviétique qui se veut l’élément dirigeant du prolétariat et en émerge pour des raisons théoriques au nom d’un principe abstrait, l’idéal communiste et les rassemblements nationaux du Tiers-Monde, regroupements hétéroclites de forces politiques et sociales.
- Le troisième met l’accent sur un exercice du pouvoir assuré par la terreur. 

Algérie : Chroniques d’une expérience postcoloniale de modernisation

Introduction 
Les textes présentés dans ce recueil ont été publiés dans la presse nationale entre 1999 et 2011 à différentes périodes. Ils relèvent de ce qui peut être appelé le «journalisme universitaire», c’est-à-dire de réflexions plus ou moins élaborées à destination du grand public. Le journalisme universitaire allie la rigueur académique à l’exigence pédagogique et a pour ambition de s’adresser à un large public ; l’objectif étant de mettre à sa disposition des analyses reposant sur les acquis théoriques des sciences sociales et portant sur l’expérience algérienne dans ses différents aspects, notamment politique et idéologique. Pour un chercheur en sciences sociales, la société algérienne est un laboratoire où il apprend à articuler, ou plutôt à valider, des approches théoriques par l’observation empirique. En Algérie, tout est projet : la société, l’Etat, l’économie, la modernité…

mercredi 21 décembre 2011

L’essence du néolibéralisme

Cette Utopie, en voie de réalisation, d’une exploitation sans limite 

L’essence du néolibéralisme 


Le grand sociologue français Pierre Bourdieu dénonce la dérive néolibérale

Par Pierre Bourdieu

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?
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