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lundi 29 octobre 2012

Le sociologue Zoubir Arous au Soir l’Algérie: «les ingrédients de la déflagration sont réunis»


- La société algérienne est sur un volcan. Tous les ingrédients de la déflagration sont réunis
- Nous avons perdu la valeur du travail comme moyen de réussite.
- Au plan moral, la corruption n’est plus motif de honte et la violence est devenue un signe de virilité
- J’affirme qu’il faut aujourd’hui un sauvetage de la société avant celui du régime — qui du reste est le reflet de la société — où certains préfèrent maintenir le statu quo et recourir à la corruption afin de perpétuer le régime
-  L’immolation par le feu est le signe ultime de la maladie de la société
- Ces augmentations de salaires sont un gaspillage des richesses du pays et consacrent la corruption dans les mœurs

mercredi 23 novembre 2011

Le poids de l’histoire : Et la violence vint à l’Algérie



Par Mohammed Harbi 
In Le Monde Diplomatique, Juillet 2002
 
« Silence, on tue ! » : depuis le début de l’année, plus de 700 Algériens sont tombés sous les coups des islamistes ou des militaires. C’est donc encore marquée par dix années d’une guerre civile atroce que l’Algérie célébrera, le 5 juillet 2002, le quarantième anniversaire de son indépendance. Mais le bilan négatif de ces quatre décennies ne tient pas qu’aux massacres qui persistent. Une caste de privilégiés a dilapidé les acquis de la révolution algérienne comme les richesses du pays, qu’elle a enfoncé dans une terrible impasse économique et sociale : chômage massif, revenus en chute libre, explosion de la pauvreté, crise du logement, services publics déficients, etc. Autant de tares qui ne trouvent évidemment pas leur source dans on ne sait quels «gènes». Violence et gabegie s’inscrivent dans une longue histoire, que rythmèrent la colonisation française, puis la guerre de libération et, enfin, la confiscation du pouvoir par les dirigeants de l’armée et du parti unique.
La violence dans laquelle l’Algérie est plongée apparaît aux bons esprits comme l’expression d’une tendance ancrée dans son caractère national. Cette conception relevant du déterminisme culturel a l’évidence trompeuse des idées simples. La violence, faut-il le rappeler, n’est l’apanage d’aucune société. Elle est au coeur de toute humanité et la question qui se pose est celle des circonstances qui la font éclater et s’imposer sur la scène sociale, ainsi que les formes qu’elle y prend et qui semblent, elles, relever de l’héritage culturel propre à chaque société.
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