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mardi 12 juillet 2016

Noam Chomsky : Who Rules the World ?

Par Dr Mahmoud Braham


Tout d’abord, une présentation de Chomsky, quoiqu’assez fameux pour être présenté, semble un prélude incontournable. Théoricien de linguistique, socialiste libertaire et activiste, Noam Avram Chomsky est né en 1928 à Philadelphie d’une famille juive orthodoxe. Après avoir obtenu son doctorat en linguistique en 1955 de l’Université de Pennsylvanie, il devient membre du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT). Ce dernier a été accusé par Chomsky d’être lié, d’une manière ou d’une autre, au Complexe militaro-industriel américain (MIC), lorsque cet intellectuel s’est opposé à la guerre du Vietnam. Singulièrement franc et direct, Chomsky n’a pas hésité un moment à critiquer la politique étrangère et les mass-médias américains tout comme les politiques de l’Etat sioniste, allant jusqu’à défendre les opinions dites négationnistes qui mettent en doute l’existence de l’holocauste lui-même. Bien plus, il est allé dans son attitude critique jusqu’à avancer que les Etats-Unis constituent le principal Etat terroriste mondial.
Intellectuel et commentateur international de renom, Chomsky ne cesse d’étonner ! D’abord, par sa production prolifique qui reflète une capacité de travail hors pair puisqu’il ne s’épuise pas une seule année sans qu’on lui lise un volume nouveau. Ensuite, par sa qualité d’observateur persévérant, franc et engagé qui ne ménage pas les grands acteurs de l’échiquier global et à leur tête les Etats-Unis, ni n’est intimidable par ses détracteurs lorsqu’il dénonce leurs manières contestables et contestées d’exercer et de poursuivre la puissance.

dimanche 1 mai 2016

Pourquoi le régime algérien tolère ou produit le salafisme



Abdelfattah Hamadache avait émis une fatwa condamnant l'écrivain Kamel Daoud à mort. Il a été condamné à trois mois de prison.
Par Lyes Benyoussef
Rendons hommage, pour commencer, à Sidi Mohamed El Hadi El Hamlaoui, le Cheikh de la zaouïa El Hamlaouïa à Mila, pour son courage et son honnêteté. Il a été le seul à avoir refusé sa zaouïa au sieur Chakib Khelil qui, par une tournée obscène dans les zaouïas du pays, entreprend sa propre promotion politique. Le Cheikh, approché par l’entourage de Khelil, a répondu selon El Watan : « Notre zaouïa a une vocation religieuse et ne se mêle jamais de politique ni de manœuvres politiciennes. » Admirez la précision : « … ni de manœuvres politiciennes. » Ce propos contient en outre une franche acceptation de la sécularité. On comprend aisément qu’il s’agit d’une opinion minoritaire. Cela dit, cet article aborde autre chose : un exemple de l’islam salafiste.

L’islam, une réalité profonde en Algérie

En Algérie, le poids de la religion n’échappe à aucun observateur. L’historien Mohammed Harbi écrit dans un article paru en 1994 : « l'islam est inscrit dans les profondeurs de la réalité algérienne. Il n'est pas une structure religieuse autonome et circonscrite dans une société aux pratiques sécularisées. Il a façonné l'espace symbolique où s'est inscrit le politique. Et l'action de l'État en place depuis 1962 n'a en rien modifié cela parce que jamais n'a été entreprise l'institution d'un nouvel espace national qui aurait opposé sa ferveur civique au poids du religieux. »
Si tel est le cas de l’Algérie, il faut aussi parler avec Edward Said des islams. Par rigueur. Car, on le sait, il y a à peu près autant d’islams que de musulmans, autant de corans que de lectures de coran et autant de lectures que de lecteurs, etc.

Le salafisme quiétiste, un discours somnifère

Un islam en particulier, le salafisme, pose un sérieux problème aux sociétés modernes. Et dans toutes ses variantes : quiétiste, politique et, bien évidemment, djihadiste. C’est que ses adeptes croient que tout ce qui est nécessaire et utile à la vie a été découvert ou inventé il y a 14 siècles. Par les compagnons du Prophète et leurs compagnons, les fameux Salafs (prédécesseurs, ancêtres). Point n’y manque.  Rien à y ajouter.  Il suffit d’appliquer. Et ceux qui s’y refusent sont naturellement considérés comme hérétiques. Le simplisme et la rigidité de ce dogme expliquent que certains salafistes excommunient ouvertement d’autres musulmans. Aussi cet islam salafiste est-il pleinement résumé par la célèbre phrase de Marx, « l’opium du peuple. »

jeudi 10 mars 2016

Fin de la police politique ou restauration d’une présidence régalienne ?

 Par Yacine Temlali

Le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), la trop puissante police politique algérienne, a été marginalisé sans drame par un vieux président de 78 ans, malade et impotent, ouvrant la voie à la restauration de la présidence toute-puissante dans le style de Houari Boumediène et Chadli Bendjedid. Mais la crise économique et la fragilité de l’Exécutif lui interdisent d’aller trop loin contre le dernier rempart du régime.

Autoproclamé dieu de l'Algérie, sa déchéance rappelle plusieurs fables.
Mohamed Médiène

Le 13 septembre 2015, un communiqué de la présidence de la République annonçait la mise à la retraite du chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général de corps d’armée Mohamed Mediene, et son remplacement par l’un de ses anciens subordonnés, le général-major à la retraite Bachir Tartag. Cette annonce a été considérée, non sans raison, comme un événement majeur.

mercredi 30 janvier 2013

Marché, État et société en Algérie


Pour le grand sociologue algérien, il faut défendre la société composée d'individus sujets de droit

Par Lahouari Addi

Depuis 1962, l’Algérie est en chantier, subissant des bouleversements morphologiques d’une grande ampleur, à tel point qu’elle est une expérience sociologique grandeur nature. La société est en pleine restructuration, soumise au processus de formation de classes sociales, formation devenue manifeste depuis que le régime a abandonné l’utopie de l’économie administrée. Pour un sociologue, un économiste, un politologue, l’Algérie est un terrain de recherche idéal qui attend les paradigmes d’analyse pour cerner conceptuellement cette expérience très riche. Les sciences sociales, comme nous le savons, n’émettent pas de jugements, positifs ou négatifs ; elles essaient cependant de reconstituer les logiques des processus, leurs contradictions par rapport aux représentations des acteurs. J’utiliserais toutefois le mot «échec» pour le régime qui avait promis, dès les années 1960, de développer l’économie et de moderniser la culture. L’Algérie n’est pas, en 2012, un pays développé, et sa culture est encore déchirée entre des aspirations modernistes utopiques et une apologie du passé sans aucune conscience historique.

dimanche 18 novembre 2012

Professeur Farid Chaoui : «Sans une politique nationale de la santé, le pire est à venir»

Entretien réalisé par Brahim Taouchichet
Cet entretien, que nous voulions volontairement approfondi avec l’éminent spécialiste en gastro-entérologie, le professeur Farid Chaoui, fait ressortir que la santé des Algériens dans toutes ses composantes sociales est toujours d’une brûlante actualité pour deux raisons majeures. D’abord, l’irruption sur la scène publique des revendications pour une meilleure protection sanitaire à la faveur de la dynamique induite par le «printemps arabe». Face à la pression de la rue, les gouvernants sont désormais obligés de «composer» et hisser la santé au rang de priorité. C’est notamment le cas en Algérie où le budget de la santé 2012 avec 404,94 milliards de dinars vient juste après ceux de la Défense et de l’Intérieur. A quelque chose malheur est bon, oserions-nous dire puisqu’une prise de conscience se dessine quant à la nécessité impérieuse d’apporter une réponse adaptée aux problèmes du jour.

mercredi 14 novembre 2012

Résidences, indemnités, berlines, lignes de crédit... Quand l’Etat s’offre un «train de vie» impérial

Par Mohand Aziri
Train de vie impérial, dépenses somptuaires, faste et bling-bling, l’Etat s’asphyxie dans ses comptes spéciaux, se noie dans ses puits tarissables de pétrole. Des salaires mirobolants,  des privilèges innombrables et démesurés, des résidences somptueuses, l’Etat et ses agents baignent dans le luxe indécent, dépensent sans compter, sans rendre véritablement compte de l’utilisation de l’argent public. Un «Etat de la gabegie» dont les dirigeants confondent souvent  «bien public» et «bien privé», richesse monétaire et développement. «L’Algérie n’est pas la Suède», dixit Daho Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur (entretien au Soir d’Algérie, édition 8 novembre 2012).

Ces nouveaux riches qui échappent au fisc



En plus d'avoir fait fortune dans des conditions troubles, les riches échappent au fisc

Par Melissa Roumadi

La multiplication des transactions informelles, la circulation d’importants flux de cash, la généralisation de la corruption et l’ampleur que prend la spéculation à tous les niveaux du marché ont permis à certains un enrichissement facile et rapide. De grosses fortunes sont apparues du jour au lendemain, affichant avec exubérance une opulence arrogante, au moment où les salariés voient leur pouvoir d’achat se réduire comme peau de chagrin sous l’effet de l’inflation alimentée par ces nouveaux barons de l’informel. Profitant des failles d’un système sclérosé pour amasser des fortunes au détriment des contribuables, ces nouveaux riches échappent non seulement au contrôle du marché, mais aussi à toute forme de contribution et de surveillance fiscale. Une situation qui ne manque pas de susciter le mécontentement de la population et d’alimenter un débat public qui, depuis quelques semaines, presse les pouvoirs publics à réagir.

vendredi 9 novembre 2012

Sid Ahmed Ghozali : «Le système fonctionne par un parti clandestin de deux millions de membres»

Acteur et témoin des cinquante années écoulées depuis l’indépendance de l’Algérie, l’homme au nœud papillon fut successivement, entre 1988 et 1992, ministre des Finances, chef de la diplomatie et chef du gouvernement. Il revient sur 
les défis stratégiques, politiques, économiques et sociaux posés à son pays, dans un contexte régional en pleine mutation.
-Comment analysez-vous la crise 
dont la bande saharo-sahélienne 
est aujourd’hui le théâtre ? Craignez-vous les conséquences, sur l’Algérie, de l’occupation du nord du Mali 
par les groupes islamistes armés ? Que pensez-vous du scénario d’une intervention militaire internationale appuyée par la France et 
les États-Unis ?
-Sid Ahmed Ghozali. Depuis des mois, le cœur des Algériens est en Tunisie, en Égypte, en ­Libye, en Syrie. Ils sont très préoccupés par les ­événements survenus dans ces pays, mais ils ne se rendent pas compte que le feu est chez nous ! Ce qui se passe au Mali concerne directement et très sérieusement l’Algérie. Le pouvoir, dans son aveuglement, prive la population de l’information nécessaire à la compréhension de ces événements qui font peser une menace sur l’intégrité du territoire. Le Mali est un pays voisin. Les parties impliquées dans ce conflit circulent de part et d’autre de la frontière, aussi bien al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui est né en Algérie, que les Touaregs. Et ­certaines vieilles idées autrefois véhiculées par l’administration coloniale n’ont pas tout à fait disparu.

lundi 5 novembre 2012

Ali Yahia Abdennour : «Bouteflika exerce un pouvoir totalitaire»

Par Ali Yahia Abdennour
Il faut une détermination d’acier et une sacrée volonté politique pour affronter la tyrannie du statu quo et de l’argent, être branché sur le concret et le réel, parce que les rapports politiques et sociaux sont des rapports de force, et briser l’injustice. Il faut insuffler un peu d’air frais dans une société habituée à étouffer sous le culte de la personnalité. Il faut accorder une véritable place à la  société civile, lui concéder un rôle important, retenir ses propositions parce qu’elle concerne l’exercice de la démocratie. Le pouvoir a banni la démocratie de la réalité, n’en conservant qu’une coquille vide dont il se sert pour maquiller le visage de la dictature, qui bloque la marche en avant de la société vers la liberté, la justice et les droits de l’homme. Le pouvoir présente sa dictature comme étant une démocratie. Le despote se déclare démocrate. Le cerveau et le cœur de la lutte contre la dictature, qui n’a brisé ni le courage ni l’espoir, sont la démocratie qui reste l’enjeu du combat politique.

Ali Yahia Abdennour : «Le scrutin du 29 novembre 2012 sera marqué par un nouveau record d’abstention»

Par Ali Yahia Abdennour
L'été n’est pas propice à l’action mais à la réflexion, qui est l’exigence fondamentale. L’automne algérien sera chaud, tous les signes extérieurs de la violence sont en place et personne ne sait comment il va se terminer. Le Printemps arabe, qui a renversé les dictateurs, ne doit pas dégénérer en hiver intégriste mais devenir un automne de la démocratie.

jeudi 1 novembre 2012

Le Malaise arabe : L'État contre la nation



Le sociologue syrien Burhan Ghalioun analyse ici l'échec de l'Etat arabe moderne.



 Par Burhan Ghalioun
Il est à notre avis difficile de comprendre la crise actuelle de l’État arabe sans sortir du cadre strict et étroit de l’État et sans reprendre l’analyse des transformations du mouvement socio-politique qui a été à l’origine de la légitimation de cet État moderne, et qui en a constitué, pendant plus d’un siècle, l’âme, l’animateur et la force directrice. Il s’agit bien sûr du mouvement national arabe dans ses différents particularismes, formes et manifestations. Dans ce cas la vraie question qui se pose est la suivante : quelle est la cause de la dégénérescence de ce mouvement et son pouvoir national ?

jeudi 12 juillet 2012

Corruption politique, le nerf de l’ordre autoritaire

La voix ponctuée de trémolos, le dernier intervenant au panel 5 consacré à l’analyse du régime politique algérien, le politologue Mohammed Hachemaoui, contient difficilement son émotion. Et pour cause : c’est la première fois qu’il partage le fruit de ses travaux devant un public algérien, des travaux qui portent sur la corruption politique. Un gros morceau. Autant dire une bombe. En s’attelant à une si lourde tâche, Hachemaoui – qui a par ailleurs le mérite d’être le concepteur de ce colloque et son commissaire scientifique – s’impose comme un pionnier. Son sujet de thèse – «Clientélisme et corruption dans le système politique algérien» – annonçait déjà la couleur.

Bilan de la colonisation, pesanteurs du passé et lutte des classes

Par Mohammed Harbi
Je me propose dans cette intervention d’aborder quelques points : tout d’abord, un bref bilan de la colonisation, les pesanteurs du passé sur le développement politique et une brève esquisse sur les luttes de classes.

Bilan de la colonisation
Il est difficile de contraindre les réponses sur la colonisation dans un jugement univoque. Comme tout fait social et historique, le phénomène colonial est une réalité complexe. Les grandes figures du nationalisme qui l’ont combattu, l’Emir Khaled, Cheikh Abdelhamid Ben Badis, Messali Hadj et Ferhat Abbas l’ont compris et réservé la flèche aux colons et au parti colonial en France.

Aïssa Kadri : «Le régime dirige le pays vers une situation proche de l’implosion généralisée»

«Les mouvements sociaux qui ont affecté, ces derniers mois, les pays, dans de nouvelles formes de radicalité, ne sont pas le fruit du hasard. Ils s’inscrivent dans des processus qui trouvent leur fondement dans les désenchantements qui ont suivi l’échec des nationalismes à la fin des années 1970, le reflux du tiers-mondisme et la montée de mouvements identitaires sous l’effet de l’emprise d’une mondialisation inégale.» C’est là l’analyse produite par le sociologue et professeur à l’université Paris 8, Aïssa Kadri, au troisième jour du colloque international d’El Watan «Quel destin pour quelle Algérie ?», organisé du 5 au 7 juillet à la salle Cosmos de Riadh El Feth (Alger).

mercredi 11 juillet 2012

Hugh Roberts : «Il n’existe pas d’opposition en Algérie, sauf là où s’opposent des clans du pouvoir»

«Pouvoir maquisard, parti(s) de façade et projet d’édification d’un Etat : l’expérience algérienne». Par cet intitulé, le politologue Hugh Roberts se propose de décortiquer la structure de l’autoritarisme algérien en remontant le fleuve de l’histoire. Professeur à la Tufts University, Hugh Roberts connaît parfaitement la sociologie politique algérienne pour avoir vécu et enseigné dans notre pays. Il a notamment étudié les formes d’organisation politique de la société kabyle traditionnelle et écrit un important ouvrage dans ce sens : Berber Governement : the kabyle polity in pre-colonial Algeria.

mercredi 4 juillet 2012

Sadek Hadjeres : «Un nouveau premier novembre, pacifique, reste à faire»

Militant nationaliste de la première heure,  responsable durant la guerre de Libération nationale qui a fait rallier, avec Bachir Hadj Ali, le Parti communiste algérien à la révolution armée, homme politique et défenseur des libertés depuis l’indépendance, ancien secrétaire général du Parti pour l’avant garde socialiste, analyste et observateur averti, Sadek Hadjeres livre dans cet entretien sa vision sur l’Algérie d’aujourd’hui.

mardi 26 juin 2012

Legislative Elections in Algeria: No Algerian Spring but a Women’s Spring Instead

In this post, Latefa Guemar  argues that, following the Arab spring the Algerian regime fell back onto “populism” by once again using women to negotiate and maintain power, and as was believed at the time, stability.  In fact, no-one, except for the women, has engaged with serious measures of social transformation that might reshape both the “democratic” and the “popular” which mark the Algerian Republic. 

برهان غليون : النخبة والشعب (مقتطفات من الكتاب)



مقتطفات من كتاب برهان غليون الأخير

فيما يلي مقتطفات من كتاب المفكر السوري الكبير برهان غليون "النخبة والشعب" وفيه "يطرح مشكلة النخبة ويفسر أسباب تشتتها وضعفها في البلاد العربية"
  AnalyseDZ يرجو من قرائه التأني للفهم الصحيح للأفكار المطروحة في النص.
" … مهما كانت نوعيتها وطريقة تكوينها، أرستقراطية أم مدنية وسياسية حديثة، ومهما كانت خصوصيتها، أكانت وثيقة الصلة بطبقة، على مثال ما هو قائم في الولايات المتحدة حيث تختلط عناصر النخبة القائدة بطبقة رجال الأعمال وأصحاب المشاريع الاقتصادية الحرة "المقاولون أو أصحاب المبادرة الخاصة"، أو ثمرة تكوين طبقة إدارية وتكنوقراطية خاصة عبر المدارس والجامعات الحكومية الكبرى، وما تقدمه من فرص للحراك الاجتماعي، على مثال ما هو قائم في فرنسا، لا يمكن للنخبة القائدة أن تقوم بدورها كنخبة، وتحتل موقعها ما لم تنجح أولا في تأكيد استقلالها، لهذه الدرجة أو تلك، عن أصحاب الملكية والثروة والمال، وثانيا في استبطان مفهوم المسؤولية العمومية تجاه الدولة (أو الملك الذي يرمز إليها) أو الشعب والمجتمع المرتبط به. ومتى ما ضعف هذان الشرطان أحدهما أو كلاهما، انحطت النخبة إلى مستوى الجماعة الخاصة، وتدهورت شروط ممارسة السلطة وإدارة الدولة أيضا، بل اقترب زوالها.

vendredi 22 juin 2012

Les tragiques destinées de la démocratie arabe




Burhan Ghalioun analyse l'échec de la démocratisation du Monde arabe

Par Burhan Ghalioun

Démocratie locale et stratégie globale : de la découverte par l’Occident des besoins arabes en matière de démocratie


Si pendant longtemps personne ne s’intéressait à la question de la démocratisation du monde arabe c’est d’une part, parce qu’on avait, en Occident surtout, la conviction que la culture arabe et musulmane ne correspondait pas aux valeurs de la démocratie perçue comme un patrimoine intimement lié aux valeurs de la civilisation occidentale. C’est d’autre part, parce que Washington et les capitales européennes n’avaient aucune raison de se préoccuper sérieusement du sort des sociétés arabes qui avaient choisi de se couper de l’Occident lorsqu’elles ont opté pour l’indépendance. Le monde arabe n’intéressait l’opinion publique occidentale qu’à travers la question du conflit israélo-arabe qui continuait et prolongeait, d’une certaine manière, le conflit colonial.

jeudi 21 juin 2012

Mohamed Chafik Mesbah : «Le DRS est affaibli et le régime n’organisera pas une transition démocratique»

Entretien réalisé par Tarek Hafid (Le Soir d'Algérie)
Le système politique algérien n’est toujours pas mûr pour accepter le principe d’une transition démocratique à travers un scrutin libre et démocratique. C’est la conclusion à laquelle est parvenu Mohamed-Chafik Mesbah suite à l’analyse des résultats des élections législatives du 10 mai 2012. Dans cet entretien, l’ancien officier des services de renseignement dresse le bilan des treize années de pouvoir de Abdelaziz Bouteflika, ses actions politiques et diplomatiques ainsi que ses relations avec l’armée et le DRS.
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