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mardi 26 avril 2016

Les causes de l’échec d’Occupy Wall Street, des leçons pour les autres



Après avoir suscité un immense espoir partout dans le monde et non seulement aux États-Unis, le mouvement Occupy Wall Street s’est essoufflé peu à peu pour s’éteindre définitivement — au moins comme mouvement populaire d'envergure. Cet échec, si décevant, appelle l’analyse. D’autant plus qu’actuellement, en France, Nuit Debout semble reproduire certaines de ses erreurs fatales.

Occupy et Nuit Debout

Si la protestation en France commence contre la loi El Khomri, elle ne tarde pas à voir cette revendication diluer, pour ne pas dire disparaître. Et puis se pose la question des porte-paroles sérieusement. Frédéric Lordon, fin analyse du capitalisme contemporain certes, est-il pour autant pertinent dans ses interventions à Nuit Debout et, par ailleurs, le représente-t-il ?  
«Pas de leader, pas de revendication, pas de thématique affichée dans le mouvement Nuit Debout : est-ce une force ou une faiblesse ? », s'interroge Le Monde. Une faiblesse sans doute. Et elle avait déjà caractérisé Occupy. D’où, à mon avis, l’intérêt particulier de l’analyse que propose le journaliste américain Thomas Frank sur cette « contestation amoureuse d’elle-même », publié en janvier 2013 par Le Monde diplomatique. En effet, il n'a jamais suffi d'avoir raison et d'être animé par de bonnes intentions pour réussir, notamment pour un mouvement social.
L. B.
Pourquoi Occupy Wall Street a échoué ?

Par Thomas Frank

Une scène me revient en mémoire à chaque fois que je tente de retrouver l’effet grisant que le mouvement Occuper Wall Street (OWS) a produit sur moi au temps où il semblait promis à un grand avenir. Je me trouvais dans le métro de Washington, en train de lire un article sur les protestataires rassemblés à Zuccotti Park, au cœur de Manhattan. C’était trois ans après la remise à flot de Wall Street ; deux ans après que toutes mes fréquentations eurent abandonné l’espoir de voir le président Barack Obama faire preuve d’audace ; deux mois après que les amis républicains des banquiers eurent conduit le pays au bord du défaut de paiement en engageant un bras de fer budgétaire avec la Maison-Blanche. Comme tout le monde, j’en avais assez.
Près de moi se tenait un voyageur parfaitement habillé, certainement un cadre supérieur revenant de quelque salon commercial, à en juger par le slogan folâtre imprimé sur le sac qu’il portait en bandoulière. Ce slogan indiquait comment optimiser ses placements boursiers, ou peut-être pourquoi le luxe est un bienfait, ou à quel point c’est magnifique d’être un gagnant. L’homme paraissait extrêmement mal à l’aise. Je savourais la situation : récemment encore, j’aurais rougi d’exhiber la couverture de mon journal dans une rame de métro surpeuplée ; aujourd’hui, c’étaient les gens comme lui qui rasaient les murs.
Quelques jours plus tard, je visionnais une vidéo sur Internet montrant un groupe de militants d’OWS en train de débattre dans une librairie. À un moment du film, un intervenant s’interroge sur l’insistance de ses camarades à prétendre qu’ils ne s’expriment que « pour eux-mêmes », au lieu d’assumer leur appartenance à un collectif. Un autre lui réplique alors : « Chacun ne peut parler que pour soi-même, en même temps le “soi-même” pourrait bien se dissoudre dans sa propre remise en question, comme nous y invite toute pensée poststructuraliste menant à l’anarchisme. (…) “Je ne peux seulement parler que pour moi-même” : c’est le “seulement” qui compte ici, et bien sûr ce sont là autant d’espaces qui s’ouvrent. »
En entendant ce charabia pseudo-intellectuel, j’ai compris que les carottes étaient cuites. Le philosophe Slavoj Žižek avait mis en garde les campeurs de Zuccotti Park en octobre 2011 : « Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un moment agréable ici. Mais, rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas cher. Ce qui compte, c’est le jour d’après, quand nous devrons reprendre nos vies ordinaires. Est-ce que quelque chose aura changé ? »

lundi 14 mai 2012

Algérie : sommes-nous à la veille d’une révolution ?

«C'est surtout à la veille d'une révolution qu'on la croit impossible.»
Jules Simon

«L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait.»
Pierre Kropotkine
Par Lyes Akram
Chômage massif chez la jeunesse, injustice sociale manifeste, paupérisation méthodique des populations, corruption débridée, répression de toute contestation, etc., ou en un mot, un Etat contre le peuple : l’actuelle situation algérienne mène sans nul doute à l’explosion populaire. Lahouari Addi, professeur de sociologie politique, pour qui il y a en Algérie «des militaires qui n’attendent que le soulèvement pour effacer le coup d’Etat de 1992», croit que les élections législatives d’où le FLN est sorti magiquement vainqueur avec près de la moitié des sièges (220), ont été truquées par une partie du régime : le DRS. Le régime confirme son caractère multicéphale ! C’est pour cette raison, affirme-t-il, que le plus grand perdant de ces législatives n’est pas un parmi les plusieurs partis qui y ont participée, mais Abdelaziz Bouteflika. Même les islamistes ne sont pas considérés comme perdants par Addi car ceux parmi eux qui y ont participé, sont le produit du régime et ne représentent pas l’islamisme existant au sein de la société algérienne.

Pierre Kropotkine : L'Esprit de Révolte (texte intégral)

Par Pierre Kropotkine
I
Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions.

vendredi 16 septembre 2011

Algérie : Seule une révolution peut remédier au ratage d’État


Par Lyes Akram
Cependant que la Nation Algérienne est en péril et vit une crise grave, les décideurs persistent dans une opiniâtreté criminelle en refusant d’admettre l’évidence et de céder à une véritable réforme institutionnelle pour endiguer cette crise qu’ils ont pourtant provoquée. Malheureusement, une partie de la population est frappée de cécité politique et ne veut voir, ni comprendre la situation désastreuse actuelle. Ainsi, à la fois cocasses et pathétiques, les Algériens pro-régimes et contre le changement ne finissent pas de surprendre.
Alors que la situation en Syrie est alarmante à cause des crimes contre l’humanité perpétrés par le régime de Assad, on voit que ni l’Otan, ni aucune puissance étrangère n’aient envisagé sérieusement de s’y mêler en y envoyant des forces armées ni en armant les manifestants, et ce même après plus de 2600 morts (chiffre de l’ONU). Et les raisons ne sont pas si difficiles à deviner : d’abord les Syriens, contrairement aux Libyens qui furent obligés de le faire, n’ont tout simplement pas demandé une assistance étrangère et croient toujours en la capacité de la non-violence comme unique moyen de changer le régime, étant, comme le dit le Mahatma Gandhi, « le langage de notre espèce, tout comme la violence est le langage de la brute » ; et, ensuite, parce que le régime de Assad, qui a maintenu le statuquo malgré l’occupation étrangère d’une partie du territoire syrien, le Golan, sert l’ennemi traditionnel des peuples arabes : Israël. Pour être objectif, il faut dire aussi que Assad n’a pas déclaré sa volonté d’exterminer les « rats » – qualification despotique des peuples arabes. Pour ce qui est de l’Algérie, autant que je sache, aucun citoyen (de l’opposition ou pas) n’a pensé à demander une telle ingérence dans notre pays. Pourtant, certains Algériens ont décidé, comme ça, qu’il y aurait un danger réel qui pèse sur notre pays : l’Otan interviendrait, si le peuple se lève de sa torpeur et se soulève contre la tyrannie criminelle incarnée par un régime somme toute illégitime et incompétent.

mercredi 20 avril 2011

Pour une alternative démocratique et pacifique (Message de Hocine Aït Ahmed aux Algériennes et aux Algériens)


Pour une remobilisation politique et citoyenne des Algérien

Le droit d’avoir des droits

Les révolutions en cours en Tunisie et en Égypte, la magnifique leçon de courage, d’organisation et de détermination populaire qu’elles ont donné à voir au monde entier nous interpellent directement.
Les développements dramatiques que connait la légitime demande populaire de changement démocratique en Libye ont révélé au monde les pics de sauvagerie dont sont capables des dictateurs fous n’ayant de compte à rendre à personne. Et surtout pas à leurs peuples.
La crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque « contagion démocratique » dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale.
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