Par
Lyes Akram
Sans
doute, le jeune tunisien Mohamed Bouazizi ne savait rien, avant sa mort, des
bouleversements qui s’ensuivaient et qui s’ensuivent depuis son geste désespéré,
mettant fin à ses jour en s’immolant par le feu. Un seuil de tyrannie et d’injustice
a été franchi au début de cette année. Le monde arabe, semble-t-il, se
réveille. Il vit l’évènement le plus crucial depuis la fin de la colonisation. Pour
le moins, une libération psychologique de la peur est survenue chez des
populations longtemps opprimées et réprimées. La caste des prédateurs qui
ruinaient la Tunisie
s’est enfuie et à leur été Ben Ali, réputé pourtant féroce, et son épouse
Trabelsi. Quant à Moubarak, dictateur impitoyable qui a régné d’une main de fer
sur l’Egypte durant trois décades, il pourrit en prison, accompagné de ses
enfants.
L’ébullition
engendrée par une conscientisation effective des populations n’a épargné aucun
pays arabe. Le Yémen, la Syrie,
le Bahreïn, l’Arabie Saoudite… Le monde arabe change. Malheureusement, certains
évènements fâcheux, tels des impondérables, sont survenus. Notamment en Libye.
Des mois après une intervention étrangère, certes amère, jeudi dernier, le
despote de Tripoli périt, vraisemblablement exécuté alors que, blessé, il
n’avait pas d’arme sui lui. Nous aurions souhaité vivre un dénouement différent
de la crise dans ce pays.













