Par
Boukhalfa Amazit
La
réunion dite des «Cent jours» (août-décembre 1959), qui s’est déroulée à Tunis,
avait conforté les représentants de l’armée de libération dans leur position
dominante par rapport aux «civils». En vérité, pour l’époque, ces vocables
n’avaient pas beaucoup de sens, ou du moins ne leur attribuait-on pas
l’acception qu’ils revêtiront, plus tard, une fois l’indépendance proclamée.
Mais ils sont souvent utilisés par les historiens pour différencier les
militants qui avaient activé ou qui activaient armés et les autres, autrement
dit les politiques. Ces derniers, en général, étaient issus du mouvement
national, toutes tendances confondues, à l’exception notable des communistes
– injustement – ostracisés depuis toujours, y compris ceux qui se sont engagés
dans le combat une fois l’heure de vérité arrivée. Les patriotes armés, si on
peut les désigner ainsi, pour rester dans l’époque, exerçaient donc un empire,
acquis (confisqué, serait le terme idoine), depuis la réunion du Caire du 20
août 1957.






