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mercredi 24 octobre 2012

Les Mémoires qui libèrent l’Histoire

«L’histoire enfin, témoin des temps, lumière de la vérité, vie de la mémoire, maîtresse de la vie, messagère du passé… » Cicéron, De oratore II, 36.
Par Lyes Akram
La publication annoncée, en Algérie, des Mémoires du défunt président Chadli Bendjedid est un évènement extraordinaire. Les quelques bonnes feuilles publiées dans la presse (Echorouk, l’Expression…) ont d’ores et déjà suscité des réactions. Des débats, j’espère, sont à prévoir à propos de leur contenu. Ces Mémoires, en deux tomes, seront assurément un bestseller national dans les deux langues.
Ceci dit, l’écriture sur l’Histoire contemporaine du pays, y compris la parution de Mémoires de militants et hommes politiques, a sa propre histoire en Algérie. Pendant, pratiquement, les deux premières décennies de l’indépendance, une terrible chape de plomb pesait sur les historiens algériens et, partant, sur de nombreux intellectuels et autres citoyens qui voulaient aborder l'histoire du nationalisme et de la guerre d'Indépendance. Et pour cause. Le régime, qui s’était installé en 1962 à la pointe des épées, puisait sa légitimité de la manipulation de cette histoire-là – il exigeait donc une totale soumission de leur part en s’ingérant directement et à outrance dans leur travaux.

mercredi 2 novembre 2011

Entretien avec Hocine Ait-Ahmed: « Les prémices de la crise » (en 1985)


 Le face-à-face algérien, gros de tous les périls, entre l’armée et les islamistes se joue en présence d’un troisième acteur dont on aurait tort de sous-estimer la capacité contraignante : Hocine Ait-Ahmed. A 65 ans, l’ancien « chef historique » de la Révolution tire sa force d’une conviction fondamentale il est le seul, ou peut s’en défaut, à jouer vraiment le jeu de la démocratie. Avec vingt-cinq sièges, son Front des Forces Socialistes a devancé le FLN aux élections de 26 décembre 1991. Mieux cette formation essentiellement kabyle a rassemblé le 2 janvier dans les rues d’Alger plusieurs centaines de milliers de personnes autour de mots d’ordre tout simples : liberté individuelle, liberté collective, droits de la femme. Surtout, ce chef de conviction a eu le courage, face aux démocrates au souffle court, d’accepter le verdict du suffrage universel jusque dans ses conséquences à priori inacceptables pour un homme tel que lui : la victoire des islamistes. L’armée n’a pas permis que cette expérience qu’il appelait, amer, de ses vœux, afin que son échec prévisible ait une vertu pédagogique, puisse se dérouler. Certains diront que Hocine Ait-Ahmed n’est pas un grand politique, encore moins un politicien. Ils auront peut-être raison, car la constance n’est pas toujours en ce domaine vertu. Constance, maître mot. Il y a six ans, en 1985, dans des entretiens inédits qui devaient servir de base à un livre, Ait Ahmed, alors exilé, avait confié à Hamid Barrada des propos passionnants d’une singulière actualité. Sur l’islamisme, l’arabisation, la sécurité militaire, l’assassinat de Krim Belkacem, « Si Hocine » s’était exprimé sans retenue. Avec une limpidité dont l’Algérie aurait bien besoin en ces temps de confusion.

jeudi 20 octobre 2011

Il était une fois Krim Belkacem au djebel

Il y a 41 ans, la SM l’assassinait en Allemagne : 
Il était une fois Krim Belkacem au djebel… 


Par Lyes Akram

Emblème incontesté et incontestable de la bravoure et du patriotisme en Algérie, Krim Belkacem avait vécu un destin pathétique. S’étant opposé à la tyrannie criminelle de Ben Bella puis, après son putsch, à la dictature totalitaire du colonel Boukharouba, Krim Belkacem, le plus grand des maquisards de la Guerre de libération nationale, est sauvagement étranglé le 18 octobre 1970 dans une chambre de l’hôtel intercontinental à Düsseldorf (Francfort), en Allemagne, par un commando de la SM, la sinistre Sécurité militaire algérienne de Kasdi Merbah, dirigé par H’mida Aït-Mesbah, après que le colonel Boukharouba l’eût fait condamner à mort par contumace, un an auparavant, en actionnant sa justice sur ordre. Retour sur la vie et l’assassinat d’un des plus grands héros que l’Algérie ait enfanté. 
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