mercredi 24 octobre 2012

Les Mémoires qui libèrent l’Histoire

«L’histoire enfin, témoin des temps, lumière de la vérité, vie de la mémoire, maîtresse de la vie, messagère du passé… » Cicéron, De oratore II, 36.
Par Lyes Akram
La publication annoncée, en Algérie, des Mémoires du défunt président Chadli Bendjedid est un évènement extraordinaire. Les quelques bonnes feuilles publiées dans la presse (Echorouk, l’Expression…) ont d’ores et déjà suscité des réactions. Des débats, j’espère, sont à prévoir à propos de leur contenu. Ces Mémoires, en deux tomes, seront assurément un bestseller national dans les deux langues.
Ceci dit, l’écriture sur l’Histoire contemporaine du pays, y compris la parution de Mémoires de militants et hommes politiques, a sa propre histoire en Algérie. Pendant, pratiquement, les deux premières décennies de l’indépendance, une terrible chape de plomb pesait sur les historiens algériens et, partant, sur de nombreux intellectuels et autres citoyens qui voulaient aborder l'histoire du nationalisme et de la guerre d'Indépendance. Et pour cause. Le régime, qui s’était installé en 1962 à la pointe des épées, puisait sa légitimité de la manipulation de cette histoire-là – il exigeait donc une totale soumission de leur part en s’ingérant directement et à outrance dans leur travaux.

vendredi 5 octobre 2012

Octobre 1988, le tournant (extraits de Françalgérie: crimes et mensonges d’États)

Extrait de «Françalgérie, crimes et mensonges d’États» de Lounis AGGOUN et Jean-Baptiste RIVOIRE (La Découverte, Paris, 2004).
Chapitre 5 : Octobre 1988, le tournant

La jeunesse algéroise hachée à la mitrailleuse lourde
Le mercredi 5 octobre, vers dix heures du matin, Alger explose avec une violence inouïe. « Des écoliers d’une douzaine d’années, certains en blousons et gants noirs, ont dévalé les rues par petits groupes de dix [1]», raconte Corinne Bensimon dans Libération. Frédéric Fritscher, le correspondant du Monde, en rend compte en ces termes : « Plusieurs centaines de jeunes, dont certains de dix ans, envahissent les artères du centre-ville vers 11 heures. Très rapidement, ces vagues extrêmement fluides déferlaient rue Didouche-Mourad, cassant tout sur leur passage. [...] Les forces de l’ordre, qui apparemment avaient reçu des instructions pour ne pas intervenir sur-le-champ, ont pris position vers 13 heures. […]

jeudi 23 août 2012

Un agent du Mossad, «le pire traître juif de l’histoire juive moderne», parle 2/2


Autres citations extraites des deux livres d’Ostrovsky sur le Mossad :
Victor Ostrovsky et Claire Hoy, By Way of Deception, St Martin's Press, New York 1990.

{p. 130} La sympathie pour les Tamouls est très forte dans l’Etat du sud de l’Inde, le Tamil Nadu, où vivent 40 millions de Tamouls. Beaucoup de Tamouls sri lankais, fuyant le bain de sang, ont trouvé refuge ici, et le gouvernement sri lankais a accusé les officiels indiens d’armer et d’entraîner les Tamouls. Il devrait accuser le Mossad.

Un agent du Mossad, «le pire traître juif de l’histoire juive moderne», parle 1/2


Ostrovsky, un ancien agent du Mossad, dit que la devise de ce dernier est : « Au moyen de la tromperie, tu feras la guerre ».
Le Mossad, dit-il, a provoqué la frappe aérienne américaine sur la Libye en 1986 en faisant apparaître que des ordres terroristes étaient transmis par le gouvernement libyen à ses ambassades autour du monde. Mais les messages provenaient d’Israël et étaient retransmis par un système spécial de communication – un « cheval de Troie » – que le Mossad avait placé à l’intérieur de la Libye.
Le Mossad se retourna ensuite contre Saddam, poussant les Etats-Unis à lui faire la guerre.
Les sayanim sont des résidents d’autres pays qui coopèrent avec les katsas (les officiers traitants du Mossad).

mardi 21 août 2012

La famille de Kasdi Merbah réclame une enquête sur son assassinat

Le 21 août 1993, nos deux frères KHALEF Abdallah, dit Kasdi MERBAH, ancien chef du gouvernement, KHALEF Abdelaziz, médecin, notre neveu KHALEF Hakim, universitaire, ainsi que leurs deux compagnons NASRI Abdelaziz et AIT-MEKIDECHE Lhachemi, ont été froidement assassinés à Bordj-El-Bahri par un commando suréquipé et surentraîné, ne laissant aucun doute sur sa nature.
L’enquête qui s’en est suivie a été des plus rudimentaires, voire bâclée, puisque c’est la solution de facilité qui a vite été choisie, consistant à interpeller de pauvres hères de la région et à leur imputer ce crime abject. Ni autopsies, ni auditions, ni étude balistique, ni recherches approfondies n’ont été effectuées, à l’image de ce qu’il s’est passé pour d’autres assassinats non encore élucidés.
Le procès qui a été organisé – une parodie – visait essentiellement à évacuer une affaire jugée encombrante, pour vite s’en débarrasser.

Entretien avec Madame Abane Ramdane : «Ben Bella a été fabriqué par les Français»

Par : F. A.
In le journal Liberté 07-11-2002
Dans un récent entretien, l’ancien Président Ahmed Ben Bella s’est violemment attaqué à Abane Ramdane et au Congrès de La Soummam qualifié de “trahison”. Dans cet entretien exclusif, Madame Vve Abane, épouse du colonel Dehilès, répond aux accusations et rétablit certaines vérités.

jeudi 12 juillet 2012

Indépendance : les rendez-vous manqués du développement

«Notre histoire a été et demeurera très mouvementée. Nos richesses attirent et nos divisions amplifient le mouvement.» L’Emir Abdelkader.

Par Smaïl Goumeziane 
De la Déclaration du 1er Novembre 1954 au congrès de Tripoli de juin 1962, en passant par le Congrès de la Soummam d’août 1956, la volonté de développer le pays pour rompre avec le système colonial et le féodalisme pour moderniser la société fut clairement affichée. On y affirmait une orientation «socialiste, la nécessité de transformer les structures rurales, de développer une industrie lourde étatique, mais aussi une industrie privée, avec le recours aux capitaux étrangers», afin de répondre aux immenses besoins de la population dans tous les domaines. L’indépendance venue, cet objectif ne fut jamais réalisé.

Corruption politique, le nerf de l’ordre autoritaire

La voix ponctuée de trémolos, le dernier intervenant au panel 5 consacré à l’analyse du régime politique algérien, le politologue Mohammed Hachemaoui, contient difficilement son émotion. Et pour cause : c’est la première fois qu’il partage le fruit de ses travaux devant un public algérien, des travaux qui portent sur la corruption politique. Un gros morceau. Autant dire une bombe. En s’attelant à une si lourde tâche, Hachemaoui – qui a par ailleurs le mérite d’être le concepteur de ce colloque et son commissaire scientifique – s’impose comme un pionnier. Son sujet de thèse – «Clientélisme et corruption dans le système politique algérien» – annonçait déjà la couleur.

Bilan de la colonisation, pesanteurs du passé et lutte des classes

Par Mohammed Harbi
Je me propose dans cette intervention d’aborder quelques points : tout d’abord, un bref bilan de la colonisation, les pesanteurs du passé sur le développement politique et une brève esquisse sur les luttes de classes.

Bilan de la colonisation
Il est difficile de contraindre les réponses sur la colonisation dans un jugement univoque. Comme tout fait social et historique, le phénomène colonial est une réalité complexe. Les grandes figures du nationalisme qui l’ont combattu, l’Emir Khaled, Cheikh Abdelhamid Ben Badis, Messali Hadj et Ferhat Abbas l’ont compris et réservé la flèche aux colons et au parti colonial en France.

Aïssa Kadri : «Le régime dirige le pays vers une situation proche de l’implosion généralisée»

«Les mouvements sociaux qui ont affecté, ces derniers mois, les pays, dans de nouvelles formes de radicalité, ne sont pas le fruit du hasard. Ils s’inscrivent dans des processus qui trouvent leur fondement dans les désenchantements qui ont suivi l’échec des nationalismes à la fin des années 1970, le reflux du tiers-mondisme et la montée de mouvements identitaires sous l’effet de l’emprise d’une mondialisation inégale.» C’est là l’analyse produite par le sociologue et professeur à l’université Paris 8, Aïssa Kadri, au troisième jour du colloque international d’El Watan «Quel destin pour quelle Algérie ?», organisé du 5 au 7 juillet à la salle Cosmos de Riadh El Feth (Alger).
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