dimanche 27 mars 2016

Une laïcité agressive comme cause de radicalisme djihadiste



Les combattants étrangers de Daech montrent leurs visages.

Par Lyes Benyoussef

Dans un article publié jeudi dernier dans la revue Foreign Affairs, The French Connection, deux chercheurs américains, William McCants et Christopher Meserole établissent un lien entre djihadisme sunnite et culture politique française. En effet, ces deux auteurs, tout en reconnaissant l’existence de facteurs différents qu'ils relèvent par ailleurs, affirment que leur « recherche révèle qu’un autre facteur peut jouer un rôle : la culture politique française. »

dimanche 20 mars 2016

Témoignage de Mostefa Lacheraf sur une réforme de l'école algérienne

Dans les circonstances actuelles, le lecteur algérien appréciera assurément ce témoignage de feu Mostefa Lacheraf (intellectuel et politique qui n'est pas à présenter, décédé en 2007) sur l’école algérienne et une tentative de réforme qui s’est déroulé à la période de Boumediene, tiré de ses mémoires. Bonne lecture. 
L. B.

Intellectuel et politique, Mostefa Lacheraf fut ministre de l'éducatiion en 1977. Il est mort en 2007.

Par Mostefa Lacheraf
«En avril 1977, ayant été nommé ministre de l’Éducation nationale dans le dernier gouvernement de Boumediene et, cela, malgré mes refus répétés, je me vis aussitôt en butte aux attaques et sabotages du clan des conservateurs activistes qui, dans la chasse gardée de l’enseignement à ses différents degrés, avait réalisé depuis 1962 l’union sacrée entre les débris déphasés de certains vieux Oulémas et la nouvelle vague d’arabisants frénétiques et médiocres dominés par le Baath.

L'entourage de Houari Boumediene vu par Rachid Boudjedra

En 1992, le romancier algérien Rachid Bouedjedra publie un pamphlet très virulent contre le FIS, Front islamique du salut. Néanmoins, le livre ne se réduit pas aux propos dégradants qu'il tient contre les islamistes (comparés à des « rats pestiférés et enragés », etc.) Boudjedra reste en effet un témoin précieux de l'Algérie indépendante. Ainsi, FIS de la haine évoque, par exemple, l'entourage de Houari Boumediene. Extraits (les notes sont miennes). 
L. B.

Anti-islamiste virulent, Rachid Boudjedra est l'auteur de FIS de la haine

Par Rachid Boudjedra
«[Boumediene] était aveuglé par la passion du pouvoir dont il fut un ascète rigoureux pendant les cinq premières années de son règne ; et pour ce faire, il s’était entouré — paradoxalement — d’officiers algériens qui avait servis dans l’armée française pour leur compétence d’abord et pour les avoir et sa merci, vu leur passé louche et trouble. En bons militaires disciplinés, ceux-ci furent à la botte de leur chef, certains à sa dévotion, exécutant ses ordres, le récupérant très vite, le séduisant en un tour de main.

Ali-Yahia Abdennour : Tamazight, la Kabylie, la régionalisation (Extraits de son dernier livre 2/2)


Lettre ouverte au système politique et au dernier pouvoir qu'il a engendré

Lire d'autres extraits Sur le Système politique ici.

Voici d'autres extraits de Lettre ouverte au système politique et au dernier pouvoir qu'il a engendré de Ali-Yahia Abdennour, qui aborde la Kabylie, la culture amazighe et la régionalisation. Les sous-titres sont miens. Bonne lecture.



Tamazight


La nation consolide son unité en reconnaissant la diversité culturelle et linguistique. Le droit de vivre dans sa propre langue doit être proclamé, ainsi que le droit de l’enseigner sur tout le territoire national, de l’école primaire à l’université. Tamazight, langue nationale de millions d’Algériens, doit être considérée comme langue nationale obligatoire à l’école. C’est un droit, une obligation éthique, une nécessité vitale.

samedi 19 mars 2016

Ali-Yahia Abdennour : Sur le système politique (Extraits de son dernier livre 1/2)

Lettre ouverte au système et au dernier pouvoir qu'il a engendré

Ali-Yahia Abdennour, le grand militant des droits de l’Homme, vient de faire paraitre un petit livre chez les éditions Koukou. Lettre ouverte au système politique et au dernier pouvoir qu’il a engendré se lit d’une traite. En 96 pages, Ali-Yahia propose non pas seulement un pamphlet contre le système politique autoritaire et incompétent qui régente l’Algérie depuis 1962, mais aussi un condensé de sa pensée. Le système politique, sa nature, le président, l’armée, le DRS, l’économie, la réforme du système éducatif, l’unité de l’Algérie, la diversité culturelle, Tamazight, la Kabylie et les droits des femmes sont les thèmes abordés. 
À 95 ans, Ali-Yahia Abdennour continue donc de stimuler le débat et la réflexion. C’est aussi l’occasion pour ceux, jeunes ou moins jeunes, qui ne connaissent pas Ali-Yahia d’apprécier ses idées. Extraits du livre (les sous-titres sont de moi).

L. B.


Militant des droits de l'Homme
Ali-Yahia Abdennour


Le prix de la liberté

Le système politique, les pouvoir qui se sont succédé, la Sécurité militaire et le département du renseignement et de la sécurité (DRS) ont fait de moi un ennemi de l’intérieur, soumis à plusieurs arrestations, à une résidence surveillée à Ouargla, au contrôle du courrier, aux écoutes téléphoniques, et à la privation de nombreux droits, même celui d’être propriétaire de mon logement que j’occupe depuis l’été 1962. Militant des droits de l’Homme qui ne sont pas protégés mais quotidiennement bafoués, j’entends garder une totale liberté d’esprit, de réflexion et d’expression.

dimanche 13 mars 2016

Olivier Roy : «L’islam est au confluent de trois crises majeures»

Pour le sociologue, l’Arabie saoudite est plus un problème qu’une solution.

INTERVIEW - Spécialiste de l’Islam et fin connaisseur du djihadisme, Olivier Roy revient sur la recomposition à l’œuvre au Proche-Orient. Concernant la France, il suggère de « réintroduire de la culture » à l’école et « d’assumer le débat dans les classes ».

jeudi 10 mars 2016

Le syndrome de Cologne ou l'orgie carnavalesque

Grand anthropologue algérien

Par Nadir Marouf 

Suite au débat médiatique suscité par l'article de Kamel Daoud dans le «Monde» où l'anthropologie, voire la psychanalyse, se muent en débat idéologique jusqu'à faire intervenir publiquement le Premier ministre français, je me réveille de mon amnésie pour évoquer un ancien souvenir. 
Il ne s'agit pas pour moi d'entrer dans la surenchère de l'invective, sachant que la liberté d'expression est mon maître mot, à condition que l'on ne s'improvise pas psychanalyste, anthropologue ou sociologue à moindre frais. Je voudrais seulement rappeler un fait peu connu chez nous : celui de la fête du carnaval dont les préparatifs durent plusieurs jours jusqu'à la fête des Cendres (Mardi gras).

Le pétrole, la face cachée d’une prétendue fracture sunnites/chi’ites

Par Ahmed Henni

Présentée par la monarchie saoudienne comme la cause unique des violences au Moyen-Orient, la fracture sunnites/chi’ites sert à masquer la compétition autour de la souveraineté sur les champs de pétrole ou de gaz, situés pour l’essentiel dans des zones peuplées de chiites.
Il suffit de superposer deux cartes – celle des champs pétrolifères au Moyen-Orient et celle des peuplements chi’ites – pour s’apercevoir que, là où des majorités chi’ites habitent en surface, du pétrole se trouve en sous-sol – et, pratiquement, rien que là. 
Observons la carte des peuplements chi’ites :
Carte des peuplements chi’ite au Moyen-Orient

Observons maintenant la carte des champs pétrolifères (en vert : pétrole ; en rouge : gaz) :

Le coût économique du 4e mandat de Bouteflika


Par El Kadi Ihsan
Lorsque le président Bouteflika a fait son AVC le 27 avril 2013, un cycle économique avait déjà pris fin. Mais c’est deux ans plus tard, en pleine aventure déliquescente d’un improbable 4e mandat présidentiel à la tête de l’Algérie, que la perception de ce changement de période devient un peu plus claire, pour lui et pour son entourage. Conséquence, une montée de panique.
Le 3e mandat de Abdelaziz Bouteflika avait déjà un coût économique. Le financement par le transfert social à flux non soutenable du statu quo politique. Le 4e mandat va présenter une facture anxiogène au moment de solder les comptes. Avant le 27 avril 2013, le statut quo du modèle économique était une option volontaire. Depuis le contre-choc pétrolier, le président de la République se réveille lentement, veut agir, mais ne peut plus. La poursuite du statu quo des politiques publiques en devient inertielle. Les conséquences sont considérables d’une absence d’animation politique par le Président de la réponse globale à la crise qui arrive. En particulier dans un système de décision hyper centralisé oÙ l’arbitrage de l’instance présidentielle est requis en permanence. Selon le vœu même de Abdelaziz Bouteflika au dessein omnipotent déclaré. L’Algérie de 2016 a, sur un plan comptable, plusieurs avantages par rapport à celle de 1986 ou 1987 lorsque s’est précisé le grand contre-choc qui allait changer la trajectoire politique de l’Etat : réserves de change importantes, presque pas de dette extérieure…
Mais elle a, en sa défaveur en 2016, une tare névralgique : pas de feuille de route pour le changement, et pas de président actif pour le conduire.

Algérie : Langues centrales, langues locales et guerres linguistiques fomentées par le régime

Pour l’auteur de cette contribution, « ni l'arabe ni le français ne représentent, aujourd'hui, en Algérie des instruments d'une homogénéisation culturelle offrant des issues vers le haut – et les langues locales encore moins ». Le pouvoir, écrit-il, « oriente davantage les forces sociales vers des ‘’guerres linguistiques’’ (...) et comme les militants linguistiques de tous bords, il n'offre qu'une folklorisation religieuse ou localiste, et ne promeut, dans aucune langue, une centralité positive apportant un plus aux populations ».

Par Ahmed  Henni

Les Maghrébins Augustin, Ibn Khaldoun ou, entre autres, Kateb Yacine seront parmi les plus grands penseurs, respectivement, du christianisme et de l'humanité, des sciences sociales et historiques, ou de la poésie et littérature. L'accès à une langue de haute culture – ici le latin, l'arabe, ou le français – permet de s'approprier, à une époque donnée, les œuvres de l'humanité connue. Les langues locales ne peuvent le faire. Elles manquent de moyens matériels. Nous y reviendrons.
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