«C'est surtout à la veille d'une révolution qu'on la croit impossible.»
Jules Simon
«L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait.»
Pierre Kropotkine
Chômage massif chez la jeunesse, injustice sociale manifeste, paupérisation méthodique des populations, corruption débridée, répression de toute contestation, etc., ou en un mot, un Etat contre le peuple : l’actuelle situation algérienne mène sans nul doute à l’explosion populaire. Lahouari Addi, professeur de sociologie politique, pour qui il y a en Algérie «des militaires qui n’attendent que le soulèvement pour effacer le coup d’Etat de 1992», croit que les élections législatives d’où le FLN est sorti magiquement vainqueur avec près de la moitié des sièges (220), ont été truquées par une partie du régime : le DRS. Le régime confirme son caractère multicéphale ! C’est pour cette raison, affirme-t-il, que le plus grand perdant de ces législatives n’est pas un parmi les plusieurs partis qui y ont participée, mais Abdelaziz Bouteflika. Même les islamistes ne sont pas considérés comme perdants par Addi car ceux parmi eux qui y ont participé, sont le produit du régime et ne représentent pas l’islamisme existant au sein de la société algérienne.