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dimanche 11 novembre 2012

Ahmed Benbitour : «L’urgence du changement du système de gouvernance s’impose»

Par le Dr Ahmed Benbitour
L’Algérie traverse aujourd’hui une situation difficile et paradoxale. Ses fondamentaux n’ont jamais été aussi favorables : des richesses minières et agricoles abondantes, une démographie maîtrisée, une masse de cadres de niveau très appréciable pour un pays de taille intermédiaire, une infrastructure qui couvre tout le territoire pour enclencher rapidement un véritable processus de développement, une population qui est largement revenue des vertiges idéologiques qui ont fait perdre beaucoup de temps au pays. Toutefois, les ressources en hydrocarbures nécessitent une révision du mode de leur exploitation.

mercredi 4 juillet 2012

Sadek Hadjeres : «Un nouveau premier novembre, pacifique, reste à faire»

Militant nationaliste de la première heure,  responsable durant la guerre de Libération nationale qui a fait rallier, avec Bachir Hadj Ali, le Parti communiste algérien à la révolution armée, homme politique et défenseur des libertés depuis l’indépendance, ancien secrétaire général du Parti pour l’avant garde socialiste, analyste et observateur averti, Sadek Hadjeres livre dans cet entretien sa vision sur l’Algérie d’aujourd’hui.

jeudi 21 juin 2012

Mohamed Chafik Mesbah : «Le DRS est affaibli et le régime n’organisera pas une transition démocratique»

Entretien réalisé par Tarek Hafid (Le Soir d'Algérie)
Le système politique algérien n’est toujours pas mûr pour accepter le principe d’une transition démocratique à travers un scrutin libre et démocratique. C’est la conclusion à laquelle est parvenu Mohamed-Chafik Mesbah suite à l’analyse des résultats des élections législatives du 10 mai 2012. Dans cet entretien, l’ancien officier des services de renseignement dresse le bilan des treize années de pouvoir de Abdelaziz Bouteflika, ses actions politiques et diplomatiques ainsi que ses relations avec l’armée et le DRS.

mercredi 6 juin 2012

Les reniements de Hocine Aït Ahmed

Par Ali Mebroukine
Il importe peu au fond de se demander si le statu quo politique a encore de beaux jours en Algérie, si l’opposition qui s’autoproclame démocrate est enfin capable d’unifier ses rangs autour de quelques fondamentaux politiques et économiques ou encore de savoir s’il existe réellement une société civile capable d’abjurer le patriarcat dans ses formes les plus perverses et de construire un espace public sécularisé, sans répudier les valeurs islamiques qui sont au fondement de la nation algérienne.
Ce qui est sûr, en revanche, est qu’il est peu probable qu’avec la composante de la nouvelle assemblée nationale, l’Algérie accomplisse un saut qualitatif dans la consolidation de la démocratie.

mercredi 23 mai 2012

L'impossible réforme de l'Algérie avec l'actuel régime

Par Zoubir Benhamouche (économiste)
& Kamal Benkoussa (financier)
L’importance et l’urgence des réformes à mettre en œuvre, dans quasiment tous les domaines, sont soulignées avec une telle acuité que cette question [l'Algérie, est-elle réformable ?] peut paraître saugrenue. Pourtant, elle est d’une grande pertinence et elle apparaît beaucoup plus d’actualité aujourd’hui qu’elle ne l’eût été à la fin des années 1990. Le monde économique, autant que la société civile en Algérie, et également nombre de pays partenaires de l’Algérie, appellent à des réformes économiques et institutionnelles. L’enjeu souligné est l’endiguement de la vague de contestation sociale qui s’est abattue sur l’Algérie depuis plusieurs années maintenant, et la menace d’instabilité qu’elle laisse planer.

dimanche 20 mai 2012

Les révolutions arabes : un an plus tard


Par Samir Amin
Les victoires électorales de l’Islam politique en Egypte et en Tunisie
La victoire électorale des Frères Musulmans et des Salafistes en Egypte (janvier 2012) n’est guère surprenante. La dégradation produite par la mondialisation capitaliste contemporaine a entraîné un gonflement prodigieux des activités dites « informelles », qui, en Egypte, fournissent leurs moyens de survie à plus de la moitié de la population (les statistiques disent : 60%). Or les Frères Musulmans, sont fort bien placées pour tirer profit de cette dégradation et en perpétuer la reproduction. Leur idéologie simple donne une légitimité à cette économie primitive de marché/ de bazar. Les moyens financiers fabuleux mis à leur disposition (par le Golfe) permettent de le traduire en moyens d’action efficaces : avances financières à l’économie informelle, charité d’accompagnement (centres de soins et autres). C’est par ce moyen que les Frères s’implantent dans la société réelle et la place sous leur dépendance.

vendredi 18 mai 2012

DRS omniprésent, profond malaise chez la jeunesse, une société civile absente, une vie économique malsaine… Les impressions algériennes d’un diplomate français

Conseiller auprès de l'Institut français des relations internationales, Denis Bauchard, ancien haut-diplomate au Quai d'Orsay, s'est rendu en Algérie, peu avant les élections législatives. Voici son compte-rendu de voyage que nous nous sommes procuré. Il y évoque le malaise de la jeunesse, le rejet d'un Etat mafieux, l'obsession française, et nous explique pourquoi "le printemps arabe" y a fait long feu.

lundi 14 mai 2012

Algérie : sommes-nous à la veille d’une révolution ?

«C'est surtout à la veille d'une révolution qu'on la croit impossible.»
Jules Simon

«L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait.»
Pierre Kropotkine
Par Lyes Akram
Chômage massif chez la jeunesse, injustice sociale manifeste, paupérisation méthodique des populations, corruption débridée, répression de toute contestation, etc., ou en un mot, un Etat contre le peuple : l’actuelle situation algérienne mène sans nul doute à l’explosion populaire. Lahouari Addi, professeur de sociologie politique, pour qui il y a en Algérie «des militaires qui n’attendent que le soulèvement pour effacer le coup d’Etat de 1992», croit que les élections législatives d’où le FLN est sorti magiquement vainqueur avec près de la moitié des sièges (220), ont été truquées par une partie du régime : le DRS. Le régime confirme son caractère multicéphale ! C’est pour cette raison, affirme-t-il, que le plus grand perdant de ces législatives n’est pas un parmi les plusieurs partis qui y ont participée, mais Abdelaziz Bouteflika. Même les islamistes ne sont pas considérés comme perdants par Addi car ceux parmi eux qui y ont participé, sont le produit du régime et ne représentent pas l’islamisme existant au sein de la société algérienne.

samedi 12 mai 2012

Algérie : On prend les mêmes et on continue !

Par Yahia Bounouar
On reprend les mêmes et on recommence. FLN, RND et HAMAS (accompagné par ses nouveaux amis islamistes de l’Alliance verte) se retrouvent comme en 2007, très largement majoritaire dans un parlement croupion dénué de toutes prérogatives. Comme en 2007, comme en 2002 et en 1997, les partis du régime, FLN et RND, obtiennent du reste, la majorité à eux deux, sans avoir besoin de qui que ce soit. Le rideau du spectacle organisé par le régime algérien vient de tomber. Circulez, il n’y a rien à voir. Ceux qui espéraient un changement dans ou par le régime en sont pour leurs frais et leurs désillusions. Pour leurs élus, cependant, l’illusion, si c’en était une, s’accompagnera de très gros salaires et d’avantages très «appréciables».

jeudi 10 mai 2012

Le changement pacifique est à portée de mains

Par Yahia Bounouar
La réunion  autour de l’initiative de changement démocratique qui s’est tenue le 4 mai 2012, à Alger et à Genève par vidéoconférence a lancé un processus politique que le  régime aura bien du mal à stopper. Porté par la volonté de la très grande majorité des citoyens qui aspire à un changement radical du système politique en place depuis l’indépendance du pays, cette dynamique cherche avant tout à rassembler au-delà des contingences idéologiques. Contrairement à ce qu’affirme un site d’information très proche des services de renseignements, dirigé par le fils du général à la retraite Khaled Nezzar, il n’y avait pas de « cadres du FIS » et ce parti n’a été associé, ni de près, ni de loin, à cette réunion.

Législatives de 2012 : L’enjeu de la prochaine présidentielle

Par Rachid Tlemçani
A la surprise générale, les islamistes en Tunisie, au Maroc et en Egypte ont remporté des victoires électorales, lors de la tenue d’élections législatives, perçues comme les plus démocratiques que la région ait jamais connues dans son histoire. La surprise était d’autant plus grande que les islamistes, qui ne se sont pas positionnés à l’avant-garde des mouvements de protestations, ont remporté une grande victoire. Les islamistes marocains et algériens ont même condamné le Printemps arabe, ils ont prétendu que ces manifestations sont manipulées de l’extérieur. A la lumière de ces élections, de nombreux observateurs en Europe et aux USA suivent attentivement les élections législatives en Algérie. Ces observateurs se demandent si le Printemps arabe n’est pas en train de transformer le Maghreb des peuples en un Maghreb islamiste ?

samedi 5 mai 2012

Initiative pour un changement démocratique : premières réunions à Alger et Genève

Communiqué de Presse
4 mai 2012
Deux rencontres ont été tenues aujourd’hui, l’une à Alger et l’autre à Genève, pour rassembler des Algériens en vue d’échanger au sujet de la situation en Algérie. Les participants ont convenu que la crise que vit le pays est causée par les politiques catastrophiques suivies par un pouvoir illégitime et impopulaire, durant plus d’un demi-siècle, consacrant le despotisme, la corruption et la médiocrité, instillant la désespérance dans les cœurs des Algériens et leur faisant perdre l’espoir en une vie décente dans un pays pour lequel se sont sacrifiés des millions.

Entretien avec Lahouari Addi : «L’Algérie est grosse d’une révolution politique»

Par Nordine Azzouz
In lanation.info, lundi 30 Avril 2012
Lahouari Addi vient de sortir aux éditions Barzakh un recueil de textes écrits dans la presse nationale entre 1991 et 2011. Dans ce livre, le sociologue revient avec la même vigueur, le même ton intempestif et le même courage sur les grandes questions qu’il aborde depuis plus d’une vingtaine d’années et qui concernent entre autres le rôle de l’armée dans la construction de l’Etat, l’islamisme, le phénomène de la Harga… Autant de thèmes que le chercheur oranais, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, aborde comme clefs à l’analyse sociologique et politique de ce qu’on appelle le système algérien. L’occasion, pour la Nation, sur la base de son ouvrage sorti en mars dernier, de le solliciter sur sa lecture de l’actualité du pays. Un point de vue qui incite à la discussion et au débat.

vendredi 20 avril 2012

Alain Gresh: «Je suis sûr qu’une nouvelle fois l’Algérie nous surprendra…»

Journaliste, directeur adjoint du Monde Diplomatique, spécialiste du Monde arabe et auteur de nombreux ouvrages sur les problèmes du Moyen-Orient, Alain Gresh nous livre ses réflexions sur les révoltes populaires qui secouent actuellement cette région.

Initiative pour un Changement Démocratique en Algérie

Communiqué de presse
Au lendemain de l’indépendance confisquée, à la suite du coup de force orchestré par le clan d’Oujda, contre le gouvernement provisoire (GPRA), les Algériennes et les Algériens ont été mis sous tutelle, qui allait se révéler aussi inexorable qu’elle était terrifiante. Une chape de plomb s’est inexorablement abattue sur un peuple qui pansait ses blessures après plus d’un siècle de colonisation. Il en est né un système de pouvoir occulte, adossé à une façade civile, en perpétuelle mutation, un triomphe du machiavélisme et du cynisme politique, qui lui permettront de neutraliser, de domestiquer et de réprimer toute tentative de remise en cause de l’ordre établi.

jeudi 15 mars 2012

Hommage à ces millions d’Algériens qui refusent le changement…

Par Lyes Akram
Il n’est point de peuple glorieux. Tous les peuples se valent. Et nul n’est monolithique. Beaucoup d’Algériens, dont l’auteur de ces lignes, ont cru qu’il suffit de vivre en Algérie sans souffrir d’une quelconque déficience mentale afin de percevoir la dangerosité sur l’existence de la nation que constitue le statuquo présent. Pour autant, il est indéniable que des millions d’Algériennes et d’Algériens veulent et aspirent à la perpétuation de l’actuel régime. Ainsi, dans cet espace démocratique d’Informations et de Réflexions, il serait anti-démocratique et hypocrite de ne pas en parler. C’est même un réflexe totalitaire, une pulsion morbide «éradicatrice» que d’ignorer ces concitoyennes et concitoyens. Car on ne peut se présenter démocrate, acceptant la différence et la divergence d’opinions et, en même temps, nier l’existence de millions de femmes et d’hommes, de vieux et de jeunes, de même nationalité et vivant dans le même pays que nous. Ces quelques modestes lignes leurs sont dédiées humblement…

samedi 18 février 2012

Samir Amin : «Les peuples n’ont plus peur»


Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire algérien La Nation, l'éminent économiste Égyptien Samir Amin revient sur les révoltes dans le monde arabe, notamment en Tunisie et en Égypte, dont il souligne à la fois l’importance politique et la portée limitée sur les plans social et économique. Mis en perspective avec la crise globale du capitalisme, ces bouleversements en préfigurent d’autres. Il propose une analyse avec la rigueur qui a toujours caractérisé ses écrits. Il revient notamment sur la question de l'immixtion de l'Occident  ainsi que d'autres questions comme la compradorisation du Monde arabe, etc. Entretien.

jeudi 9 février 2012

Algérie, prochaine révolution arabe?


Par Pierre Puchot
Année du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, 2012 sera-t-elle aussi celle de sa révolution ? L’anniversaire des cinquante ans des accords d’Evian, le 18 mars 2012, s’annonce morose. Tout au long de l’année passée, les analystes ont tantôt dédaigné le pays le plus peuplé du Maghreb (36,3 millions d’habitants en 2011 selon l’estimation de l’office national des statistiques), tantôt expliqué qu’Alger ne saurait profiter du souffle tunisien voisin pour faire sa mue démocratique.

mercredi 8 février 2012

Mustapha Bouchachi : Le régime détruit la nation

Entretien avec Mustapha Bouchachi, président de la LADDH:
«Le régime a fabriqué des hommes et des femmes qui ne croient pas à la souveraineté de la loi»

Ahmed Selmane, La Nation 
Mardi 7 Février 2012

Mustapha Bouchachi, président de la Ligue Algérienne de défense des droits de l’homme dresse dans cet entretien une autopsie saisissante du système judicaire et de ses acteurs révélatrice d’une régression générale. Cet homme qui ne croit pas que le changement par la violence soit nécessaire souligne que l’Algérie fait l’objet d’une entreprise de destruction des consciences d’une extrême gravité. Il appelle les élites à sortir de leur silence… De leur connivence…

mardi 31 janvier 2012

Décès de Abdelhamid Mehri : son testament politique


C’est avec peine et profonde consternation que j’ai appris le décès de monsieur Abdelhamid Mehri, survenu hier.
« إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ »
Homme politique de haute stature, de débat et de réflexion, intellectuel de qualité, Abdelhamid Mehri avait l’Algérie constamment dans le cœur et l’esprit et, pour son avenir, il n’a eu de cesse de réfléchir et d’œuvrer. Homme de rassemblement et de réconciliation, il avait toujours tenté – hélas, sans réussir – de réunir les fils intègres de l’Algérie afin d’édifier sereinement le pays dont le destin l’avait peiné et attristé. Né en 1926 à Skikda, figure du mouvement nationale (PPA-MTLD), ancien ministre du GPRA et Secrétaire Général du FLN post-octobre 88 (jusqu’en 1996), Ahledhamid Mehri sera inhumé aujourd'hui après la prière d’Al-Asr au cimetière de Sidi Yahia (Bir Mourad Raïs).
L’année passée, Abdelhamid Mehri avait adressé un appel à Bouteflika devenu donc un testament politique. Le voici :
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