lundi 5 septembre 2011

Wikileaks : Les plans secrets du DRS et de Bouteflika


 In El Watan
●Le câble note que la nomination d’Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre aurait été dictée par le général Mediène
Les diplomates américains semblent prêter une attention particulière à ce que peut penser le puissant chef du Département du renseignement et de la sécurité, le général-major Mohamed Mediène, connu sous le nom du «général Toufik». Dans un câble daté du 14 mars 2007, le nom de Médiene revient à plusieurs reprises. «L’Algérie a longtemps été gérée par des groupes d’hommes connus collectivement comme ‘’le pouvoir’’», écrivent les diplomates américains.

Ces dernières années, il est devenu clair que le «pouvoir» aujourd’hui se compose principalement de Mediène et Bouteflika, est-il noté dans le télégramme en question. Les problèmes de santé du président Bouteflika font que, à en croire le câble, Médiene a plus d’influence sur les orientations futures de l’Algérie. Se basant sur une discussion tenue avec le député du RND, Abdeslem Bouchouareb, présenté comme un «confident de Ouyahia», les diplomates américains croient déceler quelques-uns des plans secrets du DRS. Ils voient en Ahmed Ouyahia un successeur éventuel au président Bouteflika, car, glisse-t-on, celui-ci jouit du soutien du patron du DRS. Le fait est, notent les diplomates américains, que le RND est le seul parti politique qui n’a pas été déchiré par des dissensions internes. A en croire le câble, le président Bouteflika et le général Médiene chercheraient à scinder la classe politique algérienne en deux courants : l’un conservateur-islamiste, dirigé par Belkhadem et l’autre moderniste-nationaliste conduit par Ouyahia. Islamistes vs modernistes Ainsi, apprend-on, les démêlés de l’ancien chef du parti El Islah, Abdellah Djaballah, ne seraient pas le fait du hasard. Bouchouareb indique à l’ambassade américaine que cela avait été «planifié depuis quelques années». Il notera au passage, qu’il y avait peu de différence entre Djaballah et Belkhadem, «hormis les vêtements qu’ils portent». Le mouvement de bouguerra Soltani, lui, ne peut résister longtemps sur la scène politique algérienne, croit savoir Bouchouareb, en raison de son «origine étrangère», en référence aux Frères musulmans égyptiens. Quant aux «gauchistes» du FLN, ils auraient tous rejoint le Parti des travailleurs, transformant le FLN en un parti conservateur et islamiste. Le scénario écrit par le président de la République et du chef de la sécurité se déroulerait ainsi comme prévu. «Ceux qui sont derrière le rideau (c’est-à-dire Médiene, précise le câble) veulent voir le RND prendre le volant», aurait conclu Bouchouareb. S’appuyant sur les dires d’Ismaïl Chikhoune, qui dirige le forum d’affaires algéro-américain, le câble note que la nomination d’Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre aurait été dictée par le général Médiene. Dans une autre conversation avec le secrétaire général de l’UDR, Amara Benyounes, il a été dit que Médiene pousserait Ahmed Ouyahia à démissionner de son poste de Premier ministre immédiatement après les élections législatives de mai 2007 afin de renforcer sa place de leader du RND et de successeur de Bouteflika. Mais là, au moins, les prévisions de Benyounes se sont révélées fausses. 

Amel Blidi 

«Bouteflika et Ouyahia ont besoin d’un thérapeute de couple» 
Le «mariage professionnel forcé» du président Bouteflika et de son Premier ministre tangue au gré des tempêtes. Le couple souffre, selon un câble diplomatique américain daté du 21 août 2008, d’un manque flagrant de communication. Les diplomates américains disent, non sans humour, vouloir chercher un thérapeute de couple pour le président et son Premier ministre. Une source fiable à la Présidence aurait ainsi confirmée à l’ambassade américaine le 18 août 2008, que le président Bouteflika a informé Ahmed Ouyahia de sa nomination au poste de Premier ministre «par téléphone» et que les deux hommes forts de l’Algérie limitent les contacts au maximum. Abdelhamid Bakli de l’Institut national d’études globales et stratégiques (INESG), un think tank rattaché à la Présidence, aurait ainsi affirmé aux diplomates qu’il n’y a «pas d’atmosphère lune de miel» entre les deux hommes, qui «n’ont pas d’affinités naturelles ou des valeurs communes». 

Amel Blidi 

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