jeudi 8 septembre 2011

Intimidation et harcèlement en Algérie : Les militants des droits de l’homme visés


Des cas d’atteinte aux droits de l’homme en Algérie ont été enregistrés. De la convocation du militant de la LADDH, Yacine Zaïd, et l’arrestation de l’ex-sous-officier du DRS, Bachir Belharchaoui, des interrogations ressurgissent. Dans une conjoncture politique marquée par l’annonce des réformes voulues par le chef de l’Etat, ces violations aux libertés individuelles contredisent la thèse officielle selon laquelle la démocratie progresse dans notre pays. 

In El Watan
En convoquant le président du bureau de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme de Laghouat, Yacine Zaïd, à justifier ses liaisons «fantoches» avec un groupe séparatiste chaoui, il semble que le harcèlement contre les militants des droits de l’homme reste la pratique préférée des renseignements généraux. Contacté par nos soins, Yacine Zaïd dénonce la convocation dont il a fait l’objet. «Le 4 septembre dernier, j’étais obligé de parcourir 600 km, distance de Laghouat à Batna, pour expliquer que je n’ai aucun lien avec un groupe séparatiste. La convocation au commissariat central de Batna n’a d’autre but que de me harceler suite à mes activités de militant. La brigade criminelle de la police de Batna me reproche des choses insensées, alors que je n’ai jamais mis les pieds dans cette région», relate le concerné. 
Bloguer, le seul crime 
Une fois dans les locaux du commissariat de Batna, le téléphone portable a été saisi. «Des policiers commençaient à chercher dans le répertoire des contacts. Ils m’ont dit c’est pour vérifier si je n’avais pas les numéros des séparatistes», indique M. Zaïd. Et d’ajouter : «Ils posaient des questions sur mes activités au sein de la LADDH et ce que j’avais pour mission dans la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD). Ils voulaient savoir quelles étaient mes sources d’information qui alimentent les articles de mon blog que j’anime et ceux que je poste sur les réseaux sociaux.» Le convoqué avait l’impression qu’on voulait le transformer en «indic». Yacine Zaïd est convaincu que les RG cherchaient à l’intimider. L’interrogatoire ne s’est pas focalisé uniquement sur les activités de Zaïd. «Ils m’ont posé des questions sur ma vie privée, de ce que je pense de la corruption et quelle était ma vision du changement politique en Algérie», révèle le blogueur. Ce dernier fait l’objet de 10 plaintes, déposées pour la plupart par des multinationales en activité dans le Sud. Enfin, il ne faut pas oublier le cas de Annan Abed, un militant associatif de Tiaret, qui a été agressé mardi dernier par des gardes communaux de la wilaya. «La victime s’en est sortie avec une incapacité de travail de trois jours», rapporte le site DNA. Activiste ne cessant de dénoncer la corruption et le clientélisme, cette agression, pense-t-il, a pour but de le réduire au silence. M. Abed est, rappelle-t-on, le concepteur du «Salon national des sit-in et des protestations». 

Mehdi Bsikri 

Lire une interview avec Mustapha Bouchachi, président de la Ligue Algérienne de la Défense des Droits de l'homme ici.

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