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mardi 5 juillet 2016

L’Algérie s’enlise silencieusement

Le contre-choc pétrolier le plus violent de ces trente dernières années, un président absent, un déficit budgétaire de trente milliards de dollars et des candidats à la succession qui ne s’accordent sur rien, sauf sur un immobilisme dangereux, rendent la fin du quatrième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika particulièrement incertaine. Malgré certains articles de la presse française qui tendent à faire croire le contraire.
Alors que la situation socio-économique se dégrade, l'immobilisme de l'Etat n'arrange pas les choses
Par Jean-Pierre Séréni
Deux ans après l’éclatement de la crise pétrolière mondiale, l’Algérie est paralysée par un triple blocage qui menace de déboucher sur le pire. L’impasse politique née de l’incapacité des ténors du régime à s’accorder sur un successeur à l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika, bien incapable de tenir les rênes du pouvoir, interdit tout progrès sérieux dans la solution de la grave crise financière que traversent l’État et le secteur public. De plus, l’Algérie, qui vit du pétrole et du gaz qu’elle exporte est incapable, à la différence de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak ou de l’Iran, d’augmenter ses exportations et de compenser, au moins partiellement, la baisse des prix par une augmentation des volumes vendus. Sa production se réduit depuis dix ans alors que sa consommation intérieure explose et que diminue son surplus exportable. 

jeudi 10 mars 2016

Le coût économique du 4e mandat de Bouteflika


Par El Kadi Ihsan
Lorsque le président Bouteflika a fait son AVC le 27 avril 2013, un cycle économique avait déjà pris fin. Mais c’est deux ans plus tard, en pleine aventure déliquescente d’un improbable 4e mandat présidentiel à la tête de l’Algérie, que la perception de ce changement de période devient un peu plus claire, pour lui et pour son entourage. Conséquence, une montée de panique.
Le 3e mandat de Abdelaziz Bouteflika avait déjà un coût économique. Le financement par le transfert social à flux non soutenable du statu quo politique. Le 4e mandat va présenter une facture anxiogène au moment de solder les comptes. Avant le 27 avril 2013, le statut quo du modèle économique était une option volontaire. Depuis le contre-choc pétrolier, le président de la République se réveille lentement, veut agir, mais ne peut plus. La poursuite du statu quo des politiques publiques en devient inertielle. Les conséquences sont considérables d’une absence d’animation politique par le Président de la réponse globale à la crise qui arrive. En particulier dans un système de décision hyper centralisé oÙ l’arbitrage de l’instance présidentielle est requis en permanence. Selon le vœu même de Abdelaziz Bouteflika au dessein omnipotent déclaré. L’Algérie de 2016 a, sur un plan comptable, plusieurs avantages par rapport à celle de 1986 ou 1987 lorsque s’est précisé le grand contre-choc qui allait changer la trajectoire politique de l’Etat : réserves de change importantes, presque pas de dette extérieure…
Mais elle a, en sa défaveur en 2016, une tare névralgique : pas de feuille de route pour le changement, et pas de président actif pour le conduire.

dimanche 9 décembre 2012

Entretien avec Pierre Dortiguier : «Le judaïsme est une pancarte pour soutenir l’entité sioniste»


-Algeriepatriotique : Vous intervenez fréquemment pour commenter l’actualité dans la région du Moyen-Orient, et, globalement, dans le monde musulman. Que pensez-vous de ces «révolutions» qui secouent cette région depuis deux ans ? Sont-elles porteuses d’un vrai changement, positif pour ses populations ?
-Pierre Dortiguier : A répondre d’une manière synthétique, je vous dis ma certitude que ces révolutions qui ont reçu médiatiquement la dénomination de «printemps arabe» sont un engrenage dans lequel on a fait entrer des forces politiques nationales, pour les broyer et affaiblir durablement la force des institutions étatiques qui leur servait de fondement, de cadre, de forme comme nous disons en philosophie. Ce fut le cas de la Tunisie qui avait naturellement des aspects négatifs – qui n’en a pas dans notre monde ? –, mais avait, depuis Bourguiba, considérablement augmenté sa puissance, avec des injustices, corrigeables par le développement. 
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